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Vers une économie verte : Le Sénégal et cinq pays africains intègrent le «capital naturel» dans leurs comptes

2026-02-20 - 12:57

Le projet Copernicea arrive à son terme après cinq ans de mise en œuvre. En installant un système de Comptabilité écosystémique du capital naturel (Cecn), cette initiative financée par l’Afd permet au Sénégal et à cinq autres pays francophones de ne plus percevoir la nature comme une ressource gratuite, mais comme un actif stratégique à intégrer impérativement dans les politiques publiques de développement durable. Par Amadou MBODJI – Un levier pour la planification durable afin de ramener les gouvernants à prendre en compte le capital naturel dans les politiques publiques : c’est l’ambition centrale du projet Copernicea (Coopération régionale pour les nouveaux indicateurs de comptabilité écosystémique en Afrique). Financé par l’Agence française de développement (Afd) à hauteur de 2 millions d’euros sur cinq ans, et coordonné par l’Observatoire du Sahara et du Sahel (Oss), ce projet a accompagné six pays (Sénégal, Burkina Faso, Niger, Guinée, Maroc et Tunisie) dans la gestion durable de leurs ressources. L’atelier national de clôture, organisé mercredi à Dakar par le Centre de suivi écologique (Cse) dirigé par Cheikh Mbow, a permis de dresser un bilan exhaustif des acquis. Sortir de la dégradation des services écosystémiques Tout est parti d’un constat d’urgence. Selon Mme Marième Diallo Seck, Point focal national du projet, les écosystèmes fournissent des services vitaux dont la dégradation menace aujourd’hui la survie humaine. «Face à ce constat, un engagement international a été pris pour valoriser ces services dans les processus de décision. La comptabilité écosystémique est une extension des normes statistiques des Nations unies. Elle dote nos pays d’outils pour mesurer, suivre et gérer durablement nos actifs naturels», a-t-elle expliqué. Quatre comptes stratégiques pour le Sénégal Grâce à la Copernicea, le Sénégal dispose désormais de quatre types de comptes clés pour orienter ses décisions : l’Occupation des terres (2015-2020) avec une cartographie spatio-temporelle qui identifie les zones subissant les plus fortes pressions anthropiques ; la mise en place du Compte Carbone, un outil précieux pour localiser les zones de séquestration et d’émission, facilitant ainsi le ciblage des zones à restaurer en priorité ; d’un Compte de l’eau, qui permet d’évaluer les potentialités hydriques face aux pressions climatiques et aux activités humaines ; et le Compte de la biodiversité, qui recense le potentiel faunique et végétal national, tout en identifiant les zones de dégradation ou d’amélioration des services rendus par la nature. En intégrant ces données scientifiques dans la planification économique, le Sénégal pose les jalons d’une gouvernance où la préservation de l’environnement devient un indicateur de performance nationale, au même titre que le Pib. ambodji@lequotidien.sn

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