Validation du Sénégal sur la gouvernance des ressources extractives : Le Cn-Itie décortique les résultats
2026-03-26 - 18:03
Le Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Cn-Itie) est monté au créneau hier pour décortiquer les résultats de la validation du Sénégal sur la gouvernance des ressources extractives, à l’aune de la mise en œuvre de la Norme Itie 2023. Par Justin GOMIS – Dans la mise en œuvre de la Norme Itie 2023, le Conseil d’administration de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) internationale a décerné au Sénégal un score global de 89/100. Ce qui, d’après le Comité national-Itie, conforte le leadership mondial du Sénégal en matière de transparence et de redevabilité dans le secteur extractif. Pour le Secrétaire permanent du Cn-Itie, avec ce nouveau score, «le Sénégal maintient son leadership à travers le monde et démontre que le niveau de transparence est très satisfaisant, que non seulement la Norme Itie est pertinente au Sénégal, mais qu’il y a une bonne inclusivité dans la gestion des ressources naturelles». Thaddée Adiouma Seck informe en outre que «sur presque toutes les composantes, le Sénégal est à un niveau très élevé ou à une performance très élevée». Pour rappel, ce score constitue la moyenne des scores des trois composantes afférentes à l’engagement des parties prenantes, à la transparence et aux résultats, et à l’impact. Pour la composante «résultat et impact de la mise en œuvre», le Sénégal a été noté 92, 5/100. Pour les aspects liés à «l’engagement des parties prenantes», le pays a obtenu 87, 5/100. Quant aux aspects liés à la transparence, une note de 81/100 lui a été décernée. Et selon la présidente de la commission communication du groupe multipartite, Niania Diassé, ces résultats «ne sont pas seulement des conclusions techniques, mais ils sont le reflet d’un engagement réel, constant et collectif pour une gouvernance plus transparente, mais également beaucoup plus responsable de nos ressources extractives». Elle assure que des progrès importants ont été accomplis, et ils doivent être reconnus. Malgré tout, Mme Diassé exhorte à ne surtout pas «dormir sur nos lauriers. Car il y a encore des efforts à consentir au profit de la population». «Nous le disons avec lucidité, ces résultats ne sont pas une ligne d’arrivée, mais plutôt un point de départ. Un point de départ vers plus d’exigence, plus de redevabilité envers nos concitoyens et surtout plus d’impact pour les citoyens sénégalais. Car au fond, une question est essentielle et reste la même : comment faire en sorte que la richesse de nos ressources bénéficient à nos populations. Comme nous le rappelle la Constitution du Sénégal, les ressources naturelles appartiennent au Peuple», rappelle-t-elle. «Il faut souligner que nonobstant ces résultats jugés satisfaisants, des défis restent à être relevés. Car le Sénégal n’a pas été un bon élève sur tous les tableaux. Ses notes sont peu reluisantes au niveau des transferts internationaux. Il a obtenu la note de 50/100. Concernant le fonds de péréquation, «malgré les arrêtés de redistribution, les transferts ne sont pas effectifs dans la réalité. Il n’y a eu qu’un seul transfert en 2020», a noté Thaddée Adiouma Seck. Selon lui, «c’est le grand défi de gouvernance du Sénégal, puisque les dispositifs juridiques mis en œuvre depuis plus d’une décennie ne sont pas fonctionnels». Tout de même, le président du Cn-Itie, Thialy Faye, s’est réjoui de la performance faite par le Sénégal au niveau mondial. Il est convaincu que des efforts ont été consentis et ont permis au Sénégal d’être leader mondial dans la gouvernance du secteur extractif. Et c’est dans ce sens qu’il invite à poursuivre le travail. Optimiste, Niania Diassé pense que les recommandations issues de cette évaluation leur donnent une feuille de route très claire d’ici 2030. «A nous maintenant de la traduire en action concrète, mesurable et durable. Le Sénégal a fait des avancées considérables en matière de transparence et de gouvernance extractive. Le Sénégal peut aller loin, et le Sénégal ira loin», prédit la présidente de la commission communication. justin@lequotidien.sn