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Vélingara – Pour une adhésion populaire efficiente et la durabilité des projets et programmes communautaires : Gmp exporte son savoir-faire à Kédougou

2026-01-30 - 12:39

Ong, Ocb et services techniques de l’Etat œuvrant dans les domaines de la promotion et de la protection des droits des enfants et surtout des filles du département de Saraya, dans la région de Kédougou, étaient pendant 5 jours à l’école de Grandmother project (Gmp-changement par la culture) qui encourage la prise en compte des valeurs culturelles positives locales dans les projets et programmes communautaires pour leur efficience, leur acceptation communautaire et leur durabilité. Cette rencontre d’échanges de pratiques ancrées sur les cultures locales a été facilitée par l’ambassade des Pays-Bas au Sénégal. Par Abdoulaye KAMARA – Comment réussir une adhésion populaire efficiente et assurer la pérennisation des projets et programmes de développement des Ong, Orga­nisations communautaires de base (Ocb) et services techniques de l’Etat travaillant dans les domaines de la protection et de la promotion des droits des enfants et des filles surtout ? C’est pour trouver une réponse satisfaisante à cette question que des organisations et services étatiques du département de Saraya, situé dans la région de Kédougou, ont quitté leurs terres aurifères pour se rendre dans les terres sablonneuses de Vélingara (région de Kolda) et se mettre, pendant 5 jours, à écouter des agents de l’Ong Grandmother project (Gmp-changement par la culture) ainsi que leurs partenaires communautaires. 15 organisations et services techniques de l’Etat basés à l’extrême Sud-est du Sénégal, dès l’entame de l’atelier, ont reconnu qu’ils sont tous confrontés à 2 défis majeurs pour impacter les populations locales. Il s’agit du défi de la mobilisation communautaire autour des stratégies déroulées et celui de la pérennisation des activités proposées. C’est que selon la déduction faite par Gnama Danfakha de l’Organisation communautaire de base (Ocb) Dimbagima de Saraya, «nous ne prenons pas assez en compte les cultures locales dans les stratégies que nous développons. Nous travaillons avec des partenaires techniques telles la World-Vision qui nous forme techniquement pour dérouler des activités de sensibilisation relatives à l’abandon scolaire et aux violences faites aux femmes. A mon avis, la formation manque une touche sociale et culturelle indispensable pour une adhésion populaire à nos stratégies». Mme Mouscouto Samoura, présidente du Comité départemental de Saraya pour la scolarisation des filles, a aussi fait cette remarque : «Malgré nos sensibilisations, les grossesses en milieu scolaire et les abandons scolaires continuent à être une réalité chez nous. Dans nos séances de causeries et fora de sensibilisation contre ces phénomènes, nous invitons uniquement les jeunes filles qui se trouvent en être les principales victimes.» Et puis Mme Sokhna Kaba, responsable départemental du Service de la famille et des solidarités, a levé un coin du voile sur les activités de son bureau : «Nous avons organisé beaucoup de fora et de causeries pour lutter contre les violences basées sur le genre. Les résultats sont mitigés. Les femmes continuent à subir des violences telles que l’excision (même si ça a diminué), les mariages d’enfants et les violences économiques. Il faut interroger nos pratiques.» «La faute, généralement, à l’inefficacité des stratégies développées qui sont proposées à partir d’officines exogènes, en toute ignorance des réalités locales», ont déduit plusieurs participants. Ces révélations faites, le Directeur national de Gmp-changement par la culture peut alors décliner les objectifs fixés à cet atelier. Mamadou Coulibaly a informé : «Susciter la réflexion des participants sur les valeurs et rôles culturels à prendre en compte dans leurs stratégies et interventions de promotion des droits et du bien-être des adolescent(e)s afin de favoriser l’intégration d’approches fondées sur le dialogue et le consensus pour des changements durables des normes et pratiques qui les concernent.» Au courant des 5 jours d’immersion à Vélingara, les hôtes de Judi Aubel, fondatrice et Directrice exécutive de Gmp, ont échangé sur plusieurs thèmes : «La place de la culture dans la vie des communautés et dans les programmes de développement, le rôle des aînés dans les sociétés africaines et leur place dans les programmes de développement, la valorisation de la culture et du rôle des aînés, surtout des grands-mères, et leur implication dans les programmes de développement visant les femmes et les filles, et puis les attitudes et compétences des agents de développement...» Aux échanges théoriques intra-muros, les agents des organisations de Saraya ont fait une incursion dans les villages partenaires de Gmp pour toucher du doigt l’approche changement par la culture prônée par Gmp, constater la réaction des communautés face à la stratégie, ainsi qu’entendre des témoignages relatifs aux impacts palpables sur la vie des communautés et dans le domaine de l’éducation. Une stratégie qui a eu le mérite de convaincre les participants qui ont pris l’engagement, de retour à Kédougou, d’impliquer les aînés dans leurs activités, de prendre en compte les cultures locales afin de réussir leur acceptation communautaire et leur pérennisation. A rappeler que l’Ong Gmp-changement par la culture intervient prioritairement dans le département de Vélingara. Depuis quelques années, sa collaboration avec l’ambassade des Pays-Bas l’encourage à exporter son savoir-faire hors du Fouladou. En aidant des Ong et Ocb sœurs à tenir compte des cultures locales et à impliquer les aînés, les grands-mères surtout, dans le déroulé de leurs programmes en faveur des femmes et des filles. akamara@lequotidien.sn

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