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Vélingara – Mise en place de cadres collaboratifs pour une sécurité de proximité sur les axes frontaliers : Populations et Forces de défense et de sécurité tissent une relation de confiance

2026-03-26 - 18:03

Le département de Vélingara, localité au Sud du Sénégal frontalière à 3 pays, a accueilli, mardi et mercredi, 2 ateliers de mise en place de cadres collaboratifs entre des acteurs locaux pour renforcer la sécurité de proximité. C’est une initiative du Comité de soutien et d’appui aux activités économiques et sociales (Casades), qui a bénéficié de la collaboration technique de l’Agence de sécurité de proximité (Asp) et celle financière de la Fondation Konrad Adenauer. Populations locales des communes frontalières à la Gambie et aux 2 Guinée, services techniques déconcentrés et Forces de défense et de sécurité ont tissé, pendant 2 jours, une relation de confiance à travers la mise en place de cadres collaboratifs en vue de combattre la criminalité et la délinquance. Par Abdoulaye KAMARA – Des leaders de jeunes et de femmes, des religieux, des chefs de village, des agents de services techniques et des Forces de défense et de sécurité en poste dans les communes de Vélingara, Némataba, Kandia et Linkéring ( toutes frontalières soit à la Gambie, soit aux 2 Guinée) ont pris part, mardi et mercredi passés, à un atelier axé sur la mise en place de cadres collaboratifs afin de renforcer la sécurité de proximité. 2 ateliers (1 dans le village de Kalifourou vers la Guinée Conakry et 1 autre dans la ville de Vélingara) ont été organisés dans ce sens par le Comité de soutien et d’appui aux activités économiques et sociales en Casamance (Casades), avec la collaboration technique de l’Agence de sécurité de proximité et celle financière de la Fon­dation Konrad Adenauer (Fka). Pendant 2 jours, policiers, douaniers, gendarmes, agents des Eaux et forêts, Asp, autorités territoriales et administratives et populations civiles (transporteurs, chefs de village, éleveurs, groupements de jeunes et de femmes, et des religieux) ont partagé un même espace de dialogue et d’échanges pour tisser des relations de confiance et être à même de collaborer pour prévenir et combattre l’insécurité et la criminalité organisée dans leurs localités respectives. Au bout du compte, des cadres de collaboration sont mis en place. 2 communications (à Kalifourou comme à Vélingara) ont particulièrement servi de prétexte pour jeter les bases d’échanges fructueux pour diagnostiquer le mal, proposer des solutions et mettre en place les cadres collaboratifs. Pour démarrer, le Com­mandant Jean Louis Faye, chef d’escadron, directeur de la Documentation et de la coordination des pôles de sécurité de proximité, a renseigné : «On ne peut soigner un mal que si l’on prend le temps de bien le nommer. Et les préoccupations sécuritaires sont si énormes dans cette localité qu’il faut l’implication de tout le monde pour l’avènement d’une sécurité globale.» L’autorité militaire l’a dit en développant le thème lié à : «Table de concertation sécuritaire (rôle des acteurs) : exemples tirés de la zone.» Une communication qui lui a permis d’identifier les types de défis sécuritaires auxquels sont confrontées les populations du département, notamment sur ses axes frontaliers. Il s’agit de : «Trafics illicites de bois, défrichement de champs sans autorisation préalable, émigration irrégulière, transhumance, fraude, vol de bétail, trafic d’enfants, feux de brousse.» Et les 3 communes cibles du Casades ont en commun tous ces problèmes. «Des problèmes qui sont amplifiés par la porosité des frontières, la faiblesse en nombre des agents des Forces de défense et de sécurité et de leurs moyens de déplacement, par le défaut de dénonciation par les populations et par la faible couverture électrique des zones frontalières.» La communication faite par Boubacar Dia, ingénieur, responsable de la gouvernance de sécurité de proximité, est axée sur les cadres collaboratifs, leur pertinence, leur composition et leur mode de fonctionnement. Ce qui a permis aux participants de comprendre la nécessité d’un partenariat actif entre les Forces de l’ordre, les autorités locales, l’administration centrale et les privés pour asseoir une sécurité globale. Auparavant, Bassa Diawara, Directeur exécutif du Casades, a justifié la tenue de ces rencontres : «Mettre en place des cadres collaboratifs pour améliorer, renforcer la sécurité, c’est la suite logique d’un forum organisé précédemment à Vélingara avec l’ensemble des Forces de sécurité de la Gambie et de la Guinée-Bissau, et qui a recommandé d’aller plus loin et d’installer des dispositifs qui permettront aux Forces de défense et de sécurité et aux populations de discuter et renforcer leur collaboration.» Le Préfet de Vélingara, Thierno Souleymane Sow, qui a ouvert l’atelier de Vélingara, a exhorté les populations à collaborer avec les Forces de défense et de sécurité, et à refuser l’omerta sur les risques sécuritaires pour leur propre bonheur. Le sous-préfet de l’arrondissement de Saré Coly Sallé devra présider le cadre collaboratif de Vélingara, qui a comme Secrétaire général Moussa Sibo Mballo, responsable Pôle-sud des Asp. Dans les prochains jours, les membres du cadre devront se rencontrer pour élaborer un plan d’actions de riposte contre l’insécurité et la délinquance. 47 villages et hameaux, 2 électrifiés : les défis sécuritaires de Linkéring Linkéring est une commune du département de Vélingara frontalière à la Guinée Conakry et au Parc national du Niokolo Koba. Avec 37 villages et 10 hameaux, les populations de Linkéring s’éclairent encore au solaire ou à la bougie. Sauf pour 2 villages : Akane et Boumoune Sammaye. La révélation est faite par le 2ème adjoint au maire de la commune, Abdoulaye Baldé. Il intervenait, mardi passé, à un atelier de mise en place de cadres collaboratifs entre des acteurs locaux pour renforcer la sécurité de proximité dans le village de Kalifourou, qui est limité à l’Est par le parc du Niokolo Koba. Organisée par le Casades en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer et l’Agence de sécurité de proximité (Asp), la rencontre a identifié les défis sécuritaires de la localité. Ils ont pour noms : vol de bétail et de motos, trafic d’enfants et de drogues, coupe de bois, banditisme transfrontalier, feu de brousse, fraude, nomadisme d’éleveurs aux pratiques exotiques. Malheu­reusement, selon M. Baldé, «le défaut d’électricité dans cette commune empêche de proposer des solutions efficaces contre la délinquance et la criminalité». Il note avec regret : «Sur 37 villages et 10 hameaux, seuls 2 villages ont accès à l’électricité. La nuit tombée, tous les délits et crimes sont possibles, impunément.» Et puis : «Nos élèves ne peuvent pas réviser leurs leçons la nuit, ils n’ont pas accès aux nouveaux outils de recherche pour améliorer leurs connaissances. Pendant le mois de Ramadan, nous faisions plus de 20 km à moto pour acheter un sachet de glace à 200 francs dans la ville de Médina Gounass, avec tous les risques liés à la circulation routière.» Le cadre collaboratif entre les acteurs locaux, les Fds et les autorités locales et administratives a déjà un défi majeur à relever, en collaboration avec la collectivité territoriale : plaider et obtenir que des programmes tels que l’Agence d’électrification rurale (Aser) et Best, déjà sur le terrain, accélèrent le processus d’électrification de Linkéring, enclenché depuis 2022 et qui a connu un coup d’arrêt. L’adjoint au sous-préfet de Bonconto, Ibrahima Ndaw, qui avait présidé la rencontre de Kalifourou, a déclaré miser sur l’esprit collaboratif de tous les acteurs locaux afin de permettre aux Fds de jouer leur rôle de sécurisation de la zone. akamara@lequotidien.sn

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