Ugb – Le bras de fer se durcit : La Coordination des étudiants défie le Conseil académique
2026-03-27 - 18:04
Malgré le calendrier de fin d’année fixé par les autorités universitaires, la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) maintient son mot d’ordre de grève. Entre dénonciation de réformes «drastiques» et appel à l’arbitrage du Premier ministre, le campus de Sanar s’enfonce dans l’incertitude. La tension est montée d’un cran à l’Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis, où la menace d’une année invalide est devenue réelle. Alors que le Conseil académique vient de tracer une ligne rouge en fixant la fin de l’année universitaire au 14 août prochain, la réponse de la Coordination des étudiants de Saint-Louis (Cesl) ne s’est pas fait attendre. Réunie face à la presse, l’organisation a rejeté en bloc cette décision, la qualifiant de mesure qui «attise le feu» plutôt que d’apaiser les esprits. Pour le porte-parole Amadou Ba, la situation est critique. Il décrit une crise qui «s’éternise» au sein des universités sénégalaises, tout en rappelant que les revendications des étudiants de Sanar demeurent «légitimes». «Liquidation» des structures estudiantines Au cœur du grief, la Cesl dénonce une volonté orchestrée des autorités de «liquider» les cadres de représentation des étudiants. Dans un paysage universitaire où plusieurs fronts semblent s’essouffler, la Coordination de Saint-Louis s’affiche comme l’un des derniers remparts, maintenant un mot d’ordre ferme. «Nous tirons notre légitimité des étudiants eux-mêmes», a martelé Amadou Ba, balayant ainsi toute remise en cause institutionnelle de leur représentativité. Les étudiants fustigent également des réformes jugées contraires à leurs intérêts et regrettent le «mutisme» des acteurs de l’enseignement supérieur face à leurs propositions concrètes restées, selon eux, sans réponse de la part du ministère de tutelle (Mesri). Refusant toute politisation de ce qu’elle considère comme un «combat générationnel», la Cesl joue pourtant la carte de la médiation de haut niveau. Après avoir rencontré l’Archevêque de Dakar, les représentants étudiants comptent désormais solliciter les autorités religieuses de Saint-Louis pour tenter de dénouer l’impasse. Toutefois, pour la Cesl, la clé du problème se trouve à la Primature. La coordination a interpellé directement le Premier ministre Ousmane Sonko, l’exhortant à s’impliquer personnellement pour instaurer un dialogue «franc et sincère». A l’heure actuelle, le dialogue de sourds entre le Rectorat et les délégués menace sérieusement la validité de l’année universitaire. Si les étudiants se disent «ouverts au dialogue», le maintien de la grève sonne comme un avertissement : sans concessions majeures, les amphithéâtres de l’Ugb pourraient rester silencieux bien après les échéances fixées.