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Stratégie – Dette du Sénégal : Le Parlement fait machine arrière en plein scandale d’emprunt «caché»

2026-03-25 - 18:03

Alors que le gouvernement devait recevoir le soutien de l’Assemblée nationale sur sa stratégie de non-restructuration de la dette, les travaux parlementaires ont été suspendus sine die. Ce report intervient dans un climat de tension extrême, marqué par les révélations du Financial Times sur un nouvel emprunt de 426 milliards de F Cfa contracté dans l’opacité la plus totale. Un agenda parlementaire brusquement gelé par l’actualité ? C’est un coup de théâtre dans l’Hémicycle. L’examen du projet de résolution visant à soutenir la position du gouvernement -qui refuse de restructurer la dette publique- n’aura pas lieu comme prévu. Selon les informations rapportées par le quotidien Les Echos ce mardi 24 mars, la réunion de la Commission des finances a été reportée in extremis. Plus révélateur encore, la séance plénière initialement programmée pour ce jeudi a également été rayée de l’agenda. Officiellement, aucun motif n’a été avancé pour justifier ce rétropédalage. Officieusement, l’ombre du Financial Times plane sur la Place Soweto. Le spectre des 426 milliards de «dette secrète» Ce blocage institutionnel coïncide avec des révélations fracassantes concernant la gestion des finances publiques. Le prestigieux quotidien financier britannique a en effet ébruité l’existence d’un nouvel em­prunt de 426 milliards de F Cfa, levé par le Sénégal en «catimini». Cette découverte fragilise la ligne de défense du gouvernement qui, tout en refusant officiellement la restructuration, semble s’être engagé dans une «voltige financière» jugée toxique par ses détracteurs. Pour l’opposition, ce n’est pas une coïncidence : le Pouvoir exécutif chercherait à éviter un débat public qui l’obligerait à s’expliquer sur ces fonds dissimulés. La charge de Thierno Alassane Sall Le député Thierno Alassane Sall, leader de la République des valeurs (Rv), n’a pas tardé à réagir sur ses réseaux sociaux. Pour lui, le report de la Com­mission des finances est la preuve d’un malaise profond au sommet de l’Etat : «La réunion [...] a été reportée in extremis, après que leur recours à la voltige financière toxique a été étalé au grand jour», a-t-il fustigé sur Facebook. Selon le parlementaire, le gouvernement a manqué une occasion en or de laver son honneur face aux accusations graves de dissimulation. Au lieu d’apporter la transparence réclamée par l’opinion et les partenaires financiers, les autorités auraient choisi, selon ses mots, de «laisser passer l’orage et fourbir leurs arguties». L’absence de communication officielle sur les raisons de ce report laisse le champ libre aux spéculations. Si cet emprunt de 426 milliards de F Cfa est confirmé, c’est toute la crédibilité de la signature du Sénégal sur les marchés internationaux qui pourrait être remise en question.

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