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Stratégie – Bécaye Diop, Dg de l’Anam : «Le Sénégal doit reprendre le contrôle total de ses eaux»

2026-03-27 - 18:04

A l’heure où les enjeux pétroliers et gaziers redéfinissent la géopolitique régionale, le Sénégal place la surveillance de ses côtes au sommet de ses priorités. Lors de l’ouverture de l’atelier national sur la surveillance maritime et fluviale, le Directeur général de l’Anam, Bécaye Diop, a lancé un appel à l’unité et à la modernisation des moyens d’intervention. Entre impératifs sécuritaires et ambitions économiques, le message est clair : la République doit reprendre le plein contrôle de sa façade maritime. Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le ton est sans détour. Face à un parterre d’acteurs civils et militaires, le Directeur général de l’Agence nationale des affaires maritimes (Aanm), Bécaye Diop, a d’emblée planté le décor : «Nous ne sommes pas ici pour un simple séminaire. Il s’agit de bâtir notre souveraineté maritime.» Piraterie, pêche illicite, trafics transfrontaliers, migrations clandestines et pollution..., la liste des menaces s’allonge. A ces défis traditionnels, s’ajoute désormais un enjeu stratégique majeur : la sécurisation des plateformes pétrolières et gazières offshore. Pour Bécaye Diop, l’improvisation n’a plus sa place. «Nos eaux sont un levier économique vital, mais aussi un espace à haut risque. Il faut les protéger avec une rigueur absolue», a-t-il martelé. Une façon d’en finir avec le cloisonnement des forces. Dans le viseur du patron de l’Anam, le manque de coordination entre les différentes unités opérant en mer. Plaidant pour une rupture avec les méthodes du passé, il appelle à une synergie totale entre la Marine nationale, l’Armée de l’air, la gendarmerie, la police et les Douanes. «Finies les actions dispersées. Nous devons agir comme une seule entité», tranche-t-il. Pour soutenir cette ambition, Bécaye Diop mise sur le virage technologique. Surveillance satellitaire, drones et Intel­ligence artificielle sont désormais jugés incontournables pour anticiper les menaces. Toutefois, il nuance : «La technologie ne remplace pas l’homme ; elle le renforce.» Vers une Académie nationale maritime Si l’acquisition du pa­trouilleur «Fouladou» est saluée comme un «acte fort de souveraineté», le chantier reste immense. Le Dg de l’Anam a ainsi évoqué des projets structurants, notamment la création d’une Académie nationale maritime et la modernisation du système de veille côtière. Adoptant une posture de commandement, Bécaye Diop a invité les experts à sortir des sentiers battus : «Il ne s’agit pas de proposer ce qui est facile, mais ce qui est nécessaire. Le Sénégal doit être maître de ses eaux.» Le Colonel Yoro Thiam, représentant le ministère des Pêches et de l’économie maritime, a abondé dans le même sens. Rappelant que l’espace maritime est le cœur battant du développement national, il a exhorté les participants à déboucher sur des solutions concrètes, applicables et rapides. Pour lui, le salut passera impérativement par un partage fluide d’informations entre les institutions. Au-delà des déclarations d’intention, une réalité s’impose : le Sénégal prend enfin la pleine mesure de ses défis maritimes. Reste désormais à transformer ces engagements en une présence effective et dissuasive sur le terrain. latifmansaray@lequotidien.sn

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