Souveraineté énergétique : Dakar au cœur des échanges mondiaux du Cigre
2026-03-25 - 18:03
Des experts de haut niveau, venus des quatre coins du globe, sont en conclave à Dakar pour une durée de cinq jours. Cette rencontre scientifique et technique a pour objectif fondamental l’échange de savoir-faire et d’expertises indispensables à une administration optimale et à une utilisation performante des réseaux électriques. «L’ambition portée à travers ce projet est de réaliser une mise à niveau, un partage d’expertises et un transfert de connaissances», a déclaré Birame Souleye Diop. Le ministre de l’Énergie, qui a présidé hier la cérémonie d’ouverture officielle de la Rencontre internationale des comités d’étude du Cigre (Conseil international des grands réseaux électriques), voit en ce rendez-vous une plateforme de mutualisation des expériences. Les travaux aborderont des thématiques cruciales telles que les réseaux de transport et de distribution, la planification des systèmes, l’intégration des énergies renouvelables et le développement des marchés régionaux. Répondre aux attentes sociales par l’expertise Pour Birame Soulèye Diop, cette rencontre est l’occasion pour les spécialistes de définir des trajectoires claires pour répondre aux besoins pressants des populations. «Il s’agit de domestiquer les connaissances nécessaires pour que les Etats prennent en charge les préoccupations et les attentes légitimes des citoyens, pour qui l’électricité est un besoin vital», a-t-il souligné. Le ministre a insisté sur le fait que cette intelligence collective est le meilleur rempart face aux crises mondiales, à l’explosion démographique et à la hausse des coûts. Selon lui, le secteur dispose des compétences nécessaires pour arbitrer entre des enjeux parfois contradictoires, tout en consolidant l’électricité comme pilier du développement économique. Les défis de l’accès universel et de la transition Malgré les avancées, le chemin vers l’accès universel reste jalonné de défis majeurs. L’urbanisation accélérée et les impératifs de compétitivité imposent aux systèmes électriques de garantir une équité d’accès, d’assurer la sécurité des réseaux et de maîtriser les coûts de production. Dans cette optique, le ministre a salué le rôle du Cigre, référence mondiale depuis plusieurs décennies dans la gestion des systèmes complexes et l’innovation technologique. Il a également rappelé l’engagement de l’Afrique de l’Ouest dans une dynamique de coopération régionale, portée notamment par le West African Power Pool (Wapp). Le Sénégal, hub énergétique régional à l’horizon 2050 Cette vision s’inscrit dans la stratégie de l’Etat sénégalais visant à renforcer la sécurité énergétique nationale et à diversifier le mix. Le ministre a notamment mis en avant les réformes structurelles dont la loi portant Code de l’électricité de 2021, conçue pour rendre le secteur plus attractif et ouvert à l’innovation. «Notre ambition de réduction des coûts repose sur une stratégie résolue d’utilisation du gaz local, alliée à une montée en puissance du mix renouvelable», a-t-il précisé. Les investissements réalisés par la Senelec dans la modernisation des infrastructures de transport dépassent désormais les frontières nationales. En citant des projets d’interconnexion majeurs comme l’Omvg, Birame Soulèye Diop a réaffirmé la position du Sénégal comme pilier du marché régional de l’électricité. Cette synergie, cohérente avec la Vision Sénégal 2050, doit permettre de bâtir des systèmes résilients, capables d’accompagner la transformation économique durable du continent africain. Par Justin GOMIS – justin@lequotidien.sn