Situation de l’Ucad : Le Sudes se démarque du Conseil académique
2026-02-14 - 13:00
Le Syndicat unitaire et démocratique des enseignants du Sénégal, section Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sudes-Esr Ucad), déclare avoir «pris connaissance, avec la plus vive consternation, du communiqué du Conseil académique de l’Ucad en date du 12 février 2026». Comme toutes les organisations syndicales, le Sudes de l’Ucad explique les raisons de son opposition aux mesures du Conseil académique : «Dans un contexte de crise profonde, marqué par le deuil, les blessures et la détention d’étudiants, les décisions adoptées apparaissent non seulement inadaptées, mais également dangereuses pour l’avenir de notre institution.» Les camarades du Secrétaire général Kouakou Kouassi Sylvestre indiquent que «décréter la continuité des activités pédagogiques sans avoir au préalable rouvert le campus social, ni rétabli des conditions de vie et de travail dignes pour les étudiants, relève d’une dangereuse fiction administrative. Appeler à la reprise des enseignements avec sérénité alors que l’université est quadrillée par les Forces de sécurité et que des étudiants sont psychologiquement éprouvés ou maintenus en détention, est une absurdité». Le bureau du Sudes considère que «l’urgence n’est pas de maintenir un calendrier par décision administrative, mais de recréer les conditions matérielles et psychologiques d’une reprise sereine». Ce qui fait que la suspension, «à titre conservatoire et jusqu’à nouvel ordre», des amicales d’étudiants est «liberticide et contreproductive». Il appelle les autorités à plus de réalisme dans la gestion de la crise : «Comment les autorités entendent-elles mener des concertations pour une sortie de crise durable si elles se privent délibérément des interlocuteurs légitimes que sont les amicales ? Leur suspension revient à couper le dialogue avec les principaux concernés.» Par conséquent, le Sudes de l’Ucad exige «que toute réflexion sur la représentation étudiante soit menée avec les étudiants et leurs organisations légitimes, et non à leur place ou contre eux. Le Sudes-Esr refuse de cautionner une instance bricolée dans l’urgence pour légitimer une mise sous tutelle de la parole étudiante». Et pour sauver l’année académique, l’organisation syndicale demande «le paiement des arriérés de bourses. Il est impossible de faire abstraction de la cause profonde de la crise : le non-paiement des arriérés de bourses. Le Sudes-Esr Ucad appelle le gouvernement à agir avec humanité et lucidité, en procédant au paiement de ce dû. Ce geste serait un acte de responsabilité, contribuant à apaiser les tensions et à recréer un climat de confiance indispensable pour sortir de la crise et sauver l’année académique».