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Santé et mœurs en milieu carcéral : Yassine Fall révèle la présence de 26 détenus pour «actes contre nature»

2026-02-17 - 12:59

La Garde des sceaux a levé le voile, ce lundi 16 février 2026, sur un dossier sensible mêlant mœurs et santé publique. Entre l’annonce de 26 incarcérations pour actes contre nature et le démantèlement d’un réseau de transmission volontaire du Vih par la gendarmerie, le débat sur la sécurité sanitaire dans les prisons est relancé. L’Hémicycle a vibré hier sous le poids de révélations alarmantes. Interpellée par les députés sur la situation des personnes poursuivies pour homosexualité, la ministre de la Justice, Yassine Fall, a fourni un état des lieux exhaustif. Au total, 26 individus sont actuellement sous les verrous pour ces motifs : 19 à la Maison d’arrêt et de correction (Mac) de Rebeuss et 7 au Cap Manuel. Ces chiffres interviennent dans un contexte marqué par une enquête percutante de la Brigade de recherches de Keur Massar avec la mise à nu d’un réseau complexe. Des aveux qui glacent le sang. Le principal mis en cause, déjà en détention à Rebeuss, a avoué entretenir depuis 2021 des relations sexuelles non protégées avec de multiples partenaires malgré sa connaissance de sa séropositivité. Trois autres individus ont été interpellés dans la foulée. Les chefs d’accusation sont lourds : transmission volontaire du Vih/Sida et mise en danger de la vie d’autrui, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux et complicité d’offre ou de cession de drogue. Les nouveaux interpellés ont non seulement reconnu leur homosexualité, mais ont également confirmé être porteurs du Vih. Ils ont admis avoir multiplié les rapports non protégés, posant ainsi un défi majeur de santé publique. L’enquête se poursuit activement pour identifier d’éventuelles autres victimes ou complices au sein de ce réseau. La riposte sanitaire de l’Administration pénitentiaire Face à l’inquiétude des parlementaires concernant les risques de propagation en milieu carcéral, Yassine Fall s’est voulue rassurante. Elle a affirmé que l’Etat ne faillit pas à son obligation de soins, même pour les détenus poursuivis pour des faits jugés marginaux par la société. «Le médecin-chef de l’Adminis­tration pénitentiaire assure personnellement le suivi médical de ces cas de Vih-Sida», a précisé la Garde des sceaux. Cette prise en charge garantit l’accès aux traitements An­tirétroviraux (Arv) et un suivi biologique strict, conformément aux protocoles sanitaires internationaux en vigueur dans les lieux de privation de liberté. La ministre a insisté sur le fait que, malgré la gravité des charges, le droit à la santé reste universel dans les prisons sénégalaises.

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