TheSenegalTime

Santé bucco-dentaire au Sénégal : La Msae au front contre le désert médical

2026-03-25 - 18:03

Alors que le monde a célébré la Journée de la santé bucco-dentaire ce 20 mars 2026, le Sénégal fait face à un défi sanitaire de taille : un déficit criant de praticiens, bien loin des standards de l’Oms. Entre déserts médicaux et pathologies chroniques, la Mutuelle de santé des agents de l’Etat (Msae) monte au créneau. A travers des investissements structurels et une stratégie de décentralisation offensive, elle s’érige en rempart pour réduire les fractures territoriales et garantir des soins de proximité à des populations longtemps laissées pour compte. Par Pr Justin GOMIS – A l’occasion de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire ce 20 mars 2026, la Mutuelle de santé des agents de l’Etat (Msae) tire la sonnette d’alarme sur le déficit criant de spécialistes au Sénégal. Face à un ratio national encore éloigné des normes de l’Oms, la mutuelle multiplie les investissements structurels pour réduire les fractures territoriales et offrir des soins de proximité. Les maladies bucco-dentaires ne sont plus de simples maux de dents, elles représentent aujourd’hui un véritable défi de santé publique au Sénégal. Alors que le thème de cette édition 2026, «Une bouche heureuse... une vie heureuse», invite à la sérénité, la réalité du terrain reste complexe. Un déficit structurel préoccupant Le diagnostic posé par la Mutuelle de santé des agents de l’Etat (Msae) est sans appel : les ressources humaines font défaut. Avec un ratio estimé à un chirurgien-dentiste pour 32 500 habitants, le Sénégal est encore loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui préconise un praticien pour 1000 habitants. Ce fossé traduit une limite objective de l’offre de soins dans plusieurs zones du pays, aggravée par des infrastructures souvent insuffisantes. A l’échelle mondiale, ces pathologies touchent près de 3, 7 milliards de personnes, impactant durablement la qualité de vie et l’économie des ménages. Malgré ce tableau sombre, l’intervention de la Msae commence à porter ses fruits. Grâce au déploiement de nouveaux équipements et de structures dédiées, des avancées notables sont enregistrées dans les zones rurales et urbaines : à Mbacké, le ratio est passé de 1 dentiste pour 1, 4 million d’habitants à 1 pour 700 000 ; à Dagana, la couverture a doublé, passant de 1 pour 207 911 habitants à 1 pour 103 955. Cette dynamique de décentralisation touche également Dakar, Ziguinchor et Kaolack, où l’implantation de cabinets dentaires et de centres médico-sociaux permet de corriger progressivement les inégalités territoriales. Prévention et solidarité : les piliers de la stratégie Au-delà de l’équipement, la Msae réaffirme son engagement à accompagner les politiques publiques. Son action repose sur une approche structurée : prévention, sensibilisation et accès équitable. La mutuelle rappelle que la lutte contre ces maladies passe aussi par la maîtrise des facteurs de risque communs aux Maladies non transmissibles (Mnt). La consommation excessive de sucre, le tabagisme, l’alcool et le manque d’hygiène restent les principaux ennemis d’une santé orale saine. En s’appuyant sur les principes de solidarité et d’impact social, la Msae ambitionne de pérenniser ces acquis à travers de nouveaux projets de proximité. justin@lequotidien.sn

Share this post: