Sanctions infligées au Sénégal : Le Maroc en colère contre la Caf
2026-01-30 - 12:39
Le verdict était très attendu, car censé refermer l’un des épisodes les plus sombres de l’histoire récente de la compétition. Mais au lieu d’apaiser, cette décision soulève déjà une vague d’incompréhensions. Dans les faits, la philosophie du verdict interroge : indulgence manifeste envers les principaux acteurs du chaos côté sénégalais, rigueur extrême à l’encontre du Maroc, pays-hôte. Sur le papier, la liste des sanctions visant la Fsf peut paraître lourde. Le sélectionneur Pape Bouna Thiaw est suspendu pour cinq matchs officiels de la Caf, assortis d’une amende de 100 000 dollars. Deux joueurs, Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr, écopent chacun de deux matchs de suspension pour comportement antisportif envers l’arbitre. La Fédération sénégalaise est également condamnée à des amendes cumulées de 615 000 dollars, notamment pour le comportement de ses supporters et de son encadrement. Mais au-delà des chiffres, une question centrale demeure : où est passée la qualification juridique du retrait de l’Equipe sénégalaise et de l’interruption du match ? La décision de la Caf évite soigneusement de trancher sur le point le plus grave. En clair, le Sénégal est sanctionné pour des comportements périphériques (attitudes antisportives, gestes déplacés, débordements de supporters), mais pas pour l’acte fondateur du chaos : la sortie des joueurs, l’arrêt du match et la mise sous pression de l’arbitre et des instances. A l’inverse, la Frmf et plusieurs acteurs de la sélection nationale sont sanctionnés avec sévérité. Achraf Hakimi écope de deux matchs de suspension dont un avec sursis, pour comportement antisportif. Ismaël Saibari est suspendu pour trois matchs et condamné à une amende de 100 000 dollars. La Frmf, elle, se voit infliger une série d’amendes : 200.000 dollars pour le comportement des ramasseurs de balle, 100 000 dollars pour l’intrusion de joueurs et membres du staff dans la zone Var et 15 000 dollars pour l’usage de lasers par des supporters. C’est précisément cette accumulation qui pose problème. Le Maroc, pays organisateur, se retrouve sanctionné non seulement pour des faits de match, mais aussi pour des éléments périphériques, parfois difficiles à maîtriser, surtout après le chaos provoqué par la sélection sénégalaise. Autre point sensible : le rejet pur et simple de la réclamation introduite par la Frmf, qui invoquait des violations des articles 82 et 84 du Règlement de la Can par la Fsf. Là encore, la Caf choisit la voie la plus courte. Ces décisions vont certainement alimenter le malaise. Car une finale de Can interrompue, des joueurs quittant la pelouse, des tribunes envahies et un match suspendu sous les yeux du président de la Fifa constituent un précédent majeur. Et ce précédent n’est pas traité à la hauteur de sa gravité. Le Maroc contre-attaque La Frmf ne compte pas se taire après la décision rendue par la Caf. Selon Médias24, la Fédé a décidé de faire appel de la décision communiquée mercredi soir en contestant la procédure disciplinaire et le manque de proportionnalité des peines. Selon des sources proches du dossier, les joueurs marocains n’auraient pas été auditionnés, contrairement à l’encadrement sénégalais. La Fédération marocaine a donc décidé de porter l’affaire devant la Commission d’appel de la Caf afin d’obtenir une révision du verdict. Avec le360