Sécurité routière : Le ministre des Transports lance une opération coup de poing contre les accidents
2026-02-24 - 13:07
Face à la recrudescence dramatique des accidents de la route, le Ministre des infrastructures, des transports terrestres et aériens (Mita), Yankhoba Diémé, engage une offensive majeure. Dès le 3 mars prochain, tous les minicars de 12 à 19 places, notamment les modèles dits «Cheikhou Charifou», devront se soumettre à un contrôle technique exceptionnel et renforcé. Une mesure d’urgence de deux mois visant à assainir le parc automobile et à freiner l’indiscipline meurtrière sur les routes sénégalaises. Par Justin GOMIS – Une visite de terrain pour valider le dispositif de contrôle routier : le ministre des Transports a effectué hier une tournée marathon de plus de trois heures au sein des services clés du transport : le Cetud, la Division régionale des transports et le Centre de contrôle technique (Cctva) géré par Veritas. L’objectif était clair : s’assurer que l’appareil logistique est prêt à accueillir les milliers de véhicules concernés par ce rappel national. Cette initiative fait suite aux instructions directes du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, après validation en Conseil des ministres. «Nous prenons ces mesures conservatoires après avoir constaté, avec le Peuple sénégalais, une recrudescence des accidents qui endeuillent presque quotidiennement la Nation», a martelé le ministre. Un contrôle technique «plus» pour traquer les modifications Si tous les véhicules de transport sont déjà soumis à une visite semestrielle, l’urgence impose cette fois un contrôle approfondi et spécifique. Outre les points classiques, les inspecteurs vérifieront : la conformité du nombre de places (lutte contre les ajouts de sièges illégaux), les supports de bagages (porte-bagages non conformes qui déséquilibrent le véhicule) et l’état mécanique global face à la vitesse excessive. «Tout véhicule non conforme sera immédiatement mis en demeure de se régulariser avant une seconde visite», a prévenu le ministre, rappelant que la sécurité des passagers ne souffrira d’aucune dérogation. L’homme au cœur du problème : 80% de responsabilité Pour le ministre, si l’état du véhicule est crucial, le comportement humain reste le principal facteur d’accident. Prenant l’exemple des véhicules de transport touristique (souvent de marque Toyota, comme les minicars classiques), il a souligné un contraste frappant : «Ce sont les mêmes routes et les mêmes modèles, mais les accidents de touristes sont rares. Cela prouve que l’action humaine -vitesse excessive, surcharge et indiscipline – est la cause principale dans plus de 80 % des drames.» Une logistique calibrée pour 44 jours Pour rassurer les transporteurs sur les délais, le ministre a détaillé les capacités d’accueil du centre Veritas : il y a deux sites dédiés : le Cctva de Dakar et celui de Diamniadio, avec capacité de 160 véhicules par jour grâce à l’ouverture de lignes supplémentaires. Les 4600 à 6800 véhicules recensés pourront être contrôlés en seulement 44 jours, soit bien avant la fin du délai de deux mois imparti. Enfin, le ministre a annoncé réfléchir à l’implémentation rapide de systèmes de géolocalisation pour mieux surveiller les flottes, tout en lançant un appel pressant aux syndicats et aux opérateurs pour une adhésion totale dès le 3 mars. justin@lequotidien.sn