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Sécurité alimentaire à Joal-Fadiouth : Vers un nouveau modèle de pêche durable

2026-03-07 - 13:18

Face à l’épuisement des ressources halieutiques, l’heure est à l’action à Joal-Fadiouth. Réunis à Saly, les acteurs de la filière pêche ont validé les conclusions du projet «Sardinegal», porté par l’Ong NutriAid International. Entre surveillance accrue des aires marines protégées et lutte contre la capture des juvéniles, ce plan stratégique vise à transformer des données scientifiques alarmantes en rempart contre l’insécurité alimentaire dans la région de Thiès. Par Alioune Badara CISS – Comment transformer des données scientifiques inquiétantes en actions concrètes sur le terrain ? C’est le défi relevé par les partenaires du projet «Sardinegal». Organisé par l’Ong NutriAid International et l’Aire marine protégée (Amp) de Joal-Fadiouth, un atelier de concertation a permis de poser les jalons d’une gestion rigoureuse de la pêche artisanale, véritable poumon économique du Sénégal. Un engagement de longue date pour la nutrition Financé par la présidence du Conseil des ministres de la République italienne, le projet mobilise institutions, chercheurs et professionnels. Pour Daniella Marrara, cheffe de projet «Sardinegal», le choix de Joal-Fadiouth relevait de l’évidence : «Joal est l’un des principaux ports artisanaux d’Afrique de l’Ouest. Nous accompagnons les acteurs pour garantir la sécurité alimentaire en améliorant les conditions d’hygiène du traitement du poisson et en renforçant les capacités de gestion de la ressource.» Elle souligne également que cette initiative permet de «mitiger les conséquences du changement climatique qui impactent directement la nutrition, notamment celle des enfants». Présente au Sénégal depuis 20 ans, l’Ong NutriAid International confirme déjà une suite officielle à ce projet après 18 mois de collaboration intensive. Le diagnostic : une ressource sous haute pression L’atelier a débuté par la présentation d’une étude d’envergure (2023-2025) sur l’impact humain de la pêche. Le «portrait-robot» de la flottille révèle une réalité critique : une surcapacité des pirogues et un effort de pêche concentré sur des espèces à forte valeur commerciale. L’étude confirme une diminution des rendements et une présence inquiétante de juvéniles dans les captures. Cette pression menace directement l’équilibre des ménages, pour qui le poisson reste la principale source de protéines. Le Capitaine Assane Diallo, conservateur de l’Amp de Joal-Fadiouth, s’est félicité de la méthode de travail : «Cette étude a permis une parfaite cohésion entre le Service des pêches, l’Amp, l’université de Thiès et les cabinets techniques. Chaque acteur a pu soumettre des recommandations cruciales.» Parmi les conclusions phares validées par la cinquantaine de participants, le Capitaine Diallo a listé la création d’un plan de gestion de la pêche aux niveaux local et national ; le renforcement de la surveillance des aires marines protégées ; une réglementation stricte contre la pêche des juvéniles et la pêche illicite ; l’amélioration de l’hygiène post-capture pour limiter les pertes. Le succès de cette initiative repose désormais sur la mise en œuvre du plan d’actions. Les autorités locales, représentées par l’Inspecteur régional des pêches de Thiès, Ibrahima Lô, et la maire de Joal-Fadiouth, ont réaffirmé leur soutien total. Pour Daniella Marrara, l’enjeu est aussi générationnel : il s’agit de sensibiliser les jeunes pour que la mer continue de nourrir Joal-Fadiouth demain. Les conclusions de cet atelier serviront désormais de feuille de route pour les futures politiques publiques de la filière. abciss@lequotidien.sn

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