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Sébikotane – 115 hectares de la forêt classée attribués à un privé : Les collectifs de défense reviennent à la charge

2026-02-24 - 13:07

La tension monte d’un cran à Sébikotane. Malgré plusieurs alertes lancées fin 2024, le conflit foncier portant sur l’attribution de 115 hectares de la forêt classée à un promoteur privé reste dans l’impasse. Réunis en collectif ce dimanche, les exploitants et habitants de Dougar, Gandoul et Ndoukhoura ont dénoncé un projet de port sec entaché d’irrégularités administratives. Entre accusations de parti pris des autorités locales et exigences d’audit indépendant, les populations locales réclament désormais le déclassement de ces terres au profit de l’extension de leurs villages. Par Alioune Badara NDIAYE – Malgré les sorties d’alerte entre septembre et décembre de l’année dernière, le problème des 115 hectares de la forêt classée attribués à un privé pour la réalisation d’un port sec ne trouve pas encore de solution. Le Collectif des exploitants de Dougar, Gandoul et Ndoukhoura, le Collectif de Dougar Potou et le Collectif contre la spoliation foncière dans la zone de Dougar (Csfd) qui portent le combat, ont à nouveau enfilé le bleu de chauffe à travers une manifestation dimanche qui ne s’est pas finalement tenue sur le site, mais dans un verger mitoyen, du fait de l’intervention de la gendarmerie. «Nous alertons sur les nombreuses irrégularités en­tourant le protocole d’accord conclu entre la société Holding Guèye et la Direction des eaux et forêts en vue de l’implantation d’un port sec dans une forêt classée», a lancé Ma­madou Diop Thioune, porte-parole du jour. «Plu­sieurs élé­ments soulèvent de sérieuses préoccupations, a-t-il poursuivi, évoquant dans ce registre la longue durée de concession incompatible avec le régime strict des forêts classées, la nature industrielle lourde des infrastructures prévues, contraire à la vocation d’un espace classé, l’engagement d’opérations préparatoires alors que la procédure d’évaluation environnementale n’était pas régulièrement achevée». Dénonçant par ailleurs la mise à l’écart des habitants du village de Gandoul dans les démarches officielles, les collectifs ont ainsi pointé directement la responsabilité du Sous-préfet qui, par ses actes au quotidien, «dépasse manifestement le cadre normal de ses attributions». «Le silence du Préfet du département (de Rufisque) face à ces écarts ainsi que le rôle du Gouverneur chargé du pilotage du projet interrogent sur la chaîne de responsabilité administrative et sur le respect du principe de légalité», a décrié M. Thioune. Demba Bâ, conseiller municipal à la commune de Diass, a réaffirmé «l’engagement et la détermination des autochtones à poursuivre la lutte pour les terres en question. Les populations renouvellent leur demande de déclassement partiel en vue de l’extension légitime et indispensable de leurs villages, afin de répondre à leurs besoins d’habitat et de continuité communautaire», a-t-il dit, disqualifiant désormais le Sous-préfet de Diamniadio pour son parti pris manifeste. Les collectifs ont par ailleurs exigé la suspension immédiate du processus et le lancement d’un audit indépendant du protocole et des procédures engagées. abndiaye@lequotidien.sn

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