Rabat – Procès des supporters sénégalais : Le verdict attendu le 19 février
2026-02-13 - 12:50
Les 18 supporters sénégalais, détenus à Rabat depuis les incidents survenus lors de la finale de la Can 2025, attendent avec anxiété le délibéré de leur procès fixé au 19 février. Accusés de «hooliganisme» et de «violences contre les Forces de l’ordre», ils ont été entendus hier, après plusieurs reports de l’audience en raison d’une grève des avocats marocains. Par Malick GAYE – L’audience des 18 supporters sénégalais, arrêtés le 18 janvier 2026 à la suite des débordements lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations opposant le Maroc au Sénégal, a connu de multiples rebondissements. Initialement prévue plus tôt, elle a été reportée à trois reprises en raison d’un mouvement de grève des avocats marocains, qui s’est prolongé au-delà des dates annoncées. L’audience du 12 février 2026 s’est finalement tenue. Le délibéré a été fixé au 19 février. Une date qui suscite l’espoir d’une libération pour les familles au Sénégal, mais aussi des craintes d’une condamnation sévère sous les lois anti-hooliganisme draconiennes du Royaume chérifien. Me Patrick Kabou, l’un des avocats de la défense, n’a cessé de dénoncer une «absence totale de garantie d’un procès équitable et un non-respect des droits de la défense». Dans plusieurs déclarations publiques, il a pointé du doigt l’impossibilité d’accéder à la procédure judiciaire, l’interdiction de communiquer librement avec ses clients, et les entraves répétées pour entrer au Tribunal de première instance de Rabat. Selon l’avocat, les accusations n’ont pas été expliquées dans une langue compréhensible pour les détenus, majoritairement wolofophones, constituant une violation flagrante de leurs droits fondamentaux. Me Kabou a également évoqué une possible instrumentalisation du dossier, teinté de xénophobie post-Can, comme un «retour de bâton» après la victoire sénégalaise. Les 18 supporters ont déjà passé plus de 25 jours en détention provisoire, une période marquée par des conditions difficiles qui ont poussé certains à entamer une grève de la faim et un recueillement spirituel depuis le 6 février 2026. Leurs familles au Sénégal expriment une profonde inquiétude, soulignant l’impact psychologique d’une incarcération prolongée loin de leur pays. Parmi les restrictions dénoncées, figure l’obligation pour les détenus de s’exprimer exclusivement en français lors des conversations téléphoniques autorisées, une mesure perçue comme discriminatoire envers ceux qui ne maîtrisent pas parfaitement cette langue, compliquant encore leurs échanges avec l’extérieur. mgaye@lequotidien.sn