Réformes constitutionnelles, urgence de transparence, alerte citoyenne : La Société civile se mobilise
2026-02-02 - 12:38
La Société civile anticipe les réformes annoncées par le Président Faye en créant trois commissions pour forcer l’application du Pacte national de bonne gouvernance. L’objectif est d’influencer les choix du Président et de poser le débat avant le dépôt du dossier à l’Assemblée. Par Malick GAYE – Alors que le Président Bassirou Diomaye Faye a annoncé, dans son discours à la Nation du 31 décembre 2025, une révision constitutionnelle et plusieurs réformes majeures à soumettre à l’Assemblée nationale dès le premier trimestre 2026, la Société civile sénégalaise multiplie les initiatives pour influencer le processus de manière participative et transparente. Lors d’une récente rencontre de réflexion organisée autour des enjeux de gouvernance démocratique, Mamadou Ndoye, syndicaliste et figure politique expérimentée, a insisté sur l’urgence d’un débat public préalable. «Personne ne connaît le contenu des réformes constitutionnelles. C’est un grave problème», a-t-il déclaré, appelant à poser les positions de chacun avant le dépôt officiel du dossier à l’Assemblée. Cette anticipation vise à éviter une adoption qui perpétuerait les travers dénoncés depuis des années. Mamadou Ndoye a dressé un diagnostic sévère du statu quo sénégalais : un cycle récurrent de dirigeants «prédateurs», de «frustrations populaires, de révoltes réprimées par des manifestations ou des emprisonnements». Pour en sortir, il propose des règles claires et durables, centrées sur trois goulots d’étranglement critiques : la sacralité des deniers publics. Dans un pays où beaucoup survivent avec «1000 F Cfa par jour, les salaires de 5 millions F Cfa pour des directeurs généraux et l’opacité des caisses noires sont inacceptables». Mamadou Ndoye réclame une institution indépendante dotée de pouvoirs réels de contrôle et de «garde-fous» solides contre les abus. Dans la même logique, il a dénoncé «la réduction de la démocratie à un alibi électoral» avec ces mots : «Les élections existent, mais une fois élu, le dirigeant agit sans réel contrôle citoyen. Cela vide la démocratie de sa substance. Il faut créer des espaces permanents d’intervention citoyenne sur les questions qui impactent la vie quotidienne.» Avant de terminer par dénoncer «l’instrumentalisation de la Justice». Qui «fausse le suffrage universel en permettant à l’Exécutif d’écarter des candidats. Résoudre ce problème est essentiel pour empêcher la répétition des crises». Trois commissions de travail mises en place A l’issue de cette session, les participants ont franchi une étape opérationnelle majeure en constituant trois groupes de travail dédiés à la promotion et à la concrétisation d’un Pacte national de bonne gouvernance démocratique (Pnbgd), cadre de consensus largement évoqué depuis 2024 et signé par de nombreux acteurs politiques dont l’actuel Président lors de sa campagne. La première commission est chargée de la Stratégie pour le Pnbgd. Elle aura pour mission d’élaborer une feuille de route claire et structurée pour traduire les principes du pacte en actions concrètes et durables. La seconde commission est chargée du Plaidoyer pour le pacte. Elle se concentrera sur la mobilisation des acteurs politiques, institutionnels et citoyens afin d’obtenir un engagement ferme et large en faveur de ces réformes. La dernière commission est chargée de la Communication sur le pacte. mgaye@lequotidien.sn