Réforme de la sécurité privée au Sénégal : Le gouvernement passe à l’offensive parlementaire
2026-02-07 - 12:49
Le processus de modernisation du secteur du gardiennage franchit une étape décisive, avec le dépôt à l’Assemblée nationale des projets de loi et de décret réformant la sécurité privée. Fruit d’un dialogue tripartite entre l’Etat, le patronat et les syndicats, cette réforme ambitieuse promet d’assainir un secteur en pleine expansion, tout en renforçant le cadre juridique au bénéfice de milliers de travailleurs. C’est un tournant historique pour le gardiennage. Annoncée depuis la première alternance politique, la réforme globale du secteur de la sécurité privée est désormais actée. Le gouvernement a officiellement transmis au Parlement un ensemble de textes législatifs et réglementaires visant à transformer en profondeur une activité autrefois simplement désignée sous le terme de gardiennage. Dans un contexte de menaces sécuritaires multiformes, cette initiative répond à une nécessité impérieuse de mettre de l’ordre dans un secteur qui emploie aujourd’hui des milliers de Sénégalais. Pour les organisations syndicales, notamment le Synatracom, cela constitue une «grande révolution» qui induira directement un assainissement attendu depuis des années. Les 5 piliers de la réforme Le projet déposé à l’Assemblée nationale ne se limite pas à une simple déclaration d’intention. Il s’articule autour de cinq axes techniques majeurs : l’organisation de l’activité, avec un projet de loi fixant les nouvelles règles d’exercice, de fonctionnement et d’organisation de la sécurité privée ; la création d’un régulateur suivie de la mise en place d’un Conseil de régulation des activités privées de sécurité pour superviser le secteur. Il faut y ajouter la professionnalisation des agents, avec l’instauration de conditions strictes pour l’accès à la formation, et l’obtention (ou le retrait) de la carte professionnelle, l’encadrement de l’armement, qui devrait être suivi d’un décret spécifique pour fixer les conditions d’emploi des armes par les entreprises privées. Et le transport de fonds encadré par une réglementation précise pour la sécurisation des transferts de valeurs et de biens privés. Par la voix de son Secrétaire général, Doudou Keïta, le Synatracom/Unsas se félicite de la démarche participative adoptée par les pouvoirs publics. Le syndicat souligne que ces résultats sont le fruit d’une concertation tripartite exemplaire entre le gouvernement, les employeurs et les représentants des travailleurs. Toutefois, l’adoption par les parlementaires ne sera qu’une étape. Pour les partenaires sociaux, la finalité sera d’assurer une vulgarisation efficace des nouveaux textes, en parfaite synergie avec la Convention collective nationale du secteur. L’objectif final demeure clair : aligner les activités de prévention et de sécurité sur les standards du Droit du travail et les exigences sécuritaires du Sénégal moderne.