Réaction – Gestion du Fonds d’appui à la presse : Babacar Bâ appelle à la transparence
2026-03-19 - 13:23
Si le Fonds d’appui à la presse a été distribué à certains médias, le ministère de la Communication n’a pas encore donné les détails de l’enveloppe, encore moins des bénéficiaires. Dans une tribune percutante, Babacar Bâ, président du Forum du justiciable, appelle à un contrôle rigoureux des deniers publics alloués aux médias. Entre exigences de publication et vérifications administratives, le secteur de la presse est sommé de rendre des comptes au Peuple sénégalais. Par Abdou Latif MANSARAY – Il y a plusieurs semaines, l’Etat a versé le Fonds d’appui au développement de la presse (Fadp) à certains organes du privé et aussi du service public. En attendant, il n’a pas encore donné les détails de l’enveloppe et les bénéficiaires, même si le Cdeps et l’Appel dénoncent un manque de transparence et le non-respect des critères. Le Fadp «n’est pas un cadeau, c’est un investissement citoyen». C’est, en substance, le message porté par le Forum du justiciable. Rappelant que ces ressources sont des deniers publics, l’organisation souligne que leur gestion doit être «exemplaire et exempte de zone d’ombre». Le premier jalon de cette réforme vers la transparence repose sur la reddition des comptes. Babacar Bâ demande la publication sans délai de la liste exhaustive des médias et organes de presse bénéficiaires, et le détail précis des montants attribués à chaque entité. Toutefois, la transparence ne s’arrête pas à l’affichage des chiffres. Le Forum du justiciable exhorte les organes de contrôle de l’Etat à procéder à des vérifications approfondies pour s’assurer que l’argent du contribuable n’a pas été détourné de sa mission initiale. L’octroi du fonds est conditionné par des engagements précis. Le Forum du justiciable insiste sur le respect strict des obligations envers l’Ipres (Institut de prévoyance retraite du Sénégal) et la Direction générale des impôts et domaines (Dgid). «Il est indispensable que les organes de contrôle vérifient le respect des engagements qui conditionnent l’octroi de ces ressources», martèle Babacar Bâ. Vers une véritable professionnalisation du secteur L’un des points les plus critiques soulevés concerne la situation des travailleurs des médias. Pour le forum, le Fonds d’appui ne doit pas servir de simple «bouée de sauvetage» pour la trésorerie des patrons de presse. L’organisation préconise une vérification systématique de l’existence effective des contrats de travail déposés auprès de l’Inspection du travail. L’objectif est clair : garantir que cet argent serve à la création d’emplois, à la protection sociale des journalistes et, in fine, au renforcement d’une presse libre, responsable et indépendante. latfmansaray@lequotidien.sn