Pour asseoir une autosuffisance en maïs : Une stratégie quinquennale lancée
2026-03-17 - 13:24
Asseoir une autosuffisance alimentaire en maïs, c’est l’ambition des acteurs de filière. Pour cela, une stratégie quinquennale vient d’être lancée. Par Alioune Badara NDIAYE (Correspondant) – Avec plus d’un million de tonnes de maïs disponible, la demande reste encore insuffisante au Sénégal. C’est justement pour dans la voie d’autosuffisance et de souveraineté pour cette spéculation que s’est tenu la semaine dernière, un atelier national portant sur les enjeux stratégiques et le diagnostic du secteur. «Le Sénégal a importé plus de 450 mille tonnes, et cette année-ci, on a une production de plus de 630 mille tonnes ; ce qui n’est pas suffisant (...) il faut donc travailler à augmenter les rendements», a relevé Gnima Diaité, présidente de l’Interprofession maïs du Sénégal (Ipromas). Les principaux acteurs de la filière ont participé à la rencontre de deux jours, ambitionnant de travailler une nouvelle trajectoire pour le maïs sénégalais avec le choix assumé d’ériger les zones du Sud, du Centre et de l’Est comme grenier du maïs. «L’atelier, qui a réuni tous les acteurs et présidé par le ministre de l’Agriculture, de la souveraineté alimentaire et de l’élevage, Dr Mabouba Diagne, avait un double objectif. Le premier, qui est un objectif stratégique, était de donner les orientations pour un programme quinquennal à travers une stratégie d’import-substitution du maïs», a souligné le directeur de l’Agriculture, Makhtar Ndiaye, rappelant que le 2ème objectif s’inscrivait dans l’opérationnalisation en perspective de la prochaine campagne agricole. «C’était de prendre un peu l’expression des besoins et de décliner un peu l’objectif de production de la prochaine campagne qui arrive», a-t-il poursuivi, assurant que le projet ambitionne de cerner les différentes phases autour du processus. «On s’est rendu compte que pour gagner la bataille de la souveraineté alimentaire, il ne fallait pas se limiter seulement au champ, donc à la production ; mais il fallait aller au-delà, dans les circuits de commercialisation, donc sécuriser un débouché même avant de produire», a-t-il estimé, notant qu’il est aussi question de jouer sur la productivité. Les rendements affichés au Sénégal sont de 3 tonnes à l’hectare ; un ratio pouvant doubler, selon les projections de techniciens ayant pris part à la rencontre. Oumar Baldé, 1er vice-président de la Fédération des producteurs du bassin de l’Anambé (Feproba), a annoncé l’ambition de leur structure de s’investir au-delà de 1000 hectares à Vélingara et Kolda pour la campagne à venir, contre 450 hectares lors de la précédente. «Ceci pour booster la production de maïs au Sénégal et satisfaire les provendiers, afin que l’importation du maïs au Sénégal diminue», a-t-il estimé. Ces acteurs n’attendent que des intrants de qualité, des financements, l’accompagnement avec les nouvelles technologies, ainsi que des contrats avec les provendiers pour un écoulement de leurs produits. «On accompagne le secteur au Sénégal avec un programme sur mesure, qui s’articule autour d’un certain nombre de piliers. Donc c’est le programme d’accélération de l’agriculture en Afrique, qui a pour ambition de financer 5 millions d’hectares dans 32 pays africains», a souligné Abibata Touré, chargée d’opération à la Société financière internationale (Ifi), membre du groupe de la Banque mondiale, rappelant que le Sénégal fait partie des premiers pays en Afrique avec lesquels l’Ifc a initié le programme. abndiaye@lequotidien.sn