Mort de l’étudiant Abdoulaye Ba à l’Ucad : La Coalition Sopi Senegaal s’insurge contre la répression
2026-02-17 - 12:59
Face au décès tragique de l’étudiant Abdoulaye Bâ, la Coalition Sopi Senegaal sort du silence. Entre condamnation de la violence policière et exigence de justice, l’organisation politique appelle à un changement radical de méthode dans la gestion des crises universitaires. Par Cheikh CAMARA –«L’irréparable a été commis. Qui l’eût cru ?» Le constat de la Coalition Sopi Senegaal est amer. Malgré les alertes répétées de voix avisées et responsables, le scénario que tout le monde redoutait est devenu une tragique réalité. La coalition déplore qu’au lieu de privilégier l’écoute et la concertation, les autorités aient choisi de répondre par le mépris, les menaces et des accusations infondées de déstabilisation. Sopi Senegaal condamne, avec la plus grande fermeté, la répression brutale exercée contre les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Cette violence a coûté la vie à Abdoulaye Ba, étudiant en deuxième année de médecine, arraché aux siens à l’aube de sa vie. En ces instants de profonde douleur, la coalition présente ses condoléances les plus émues à la famille du défunt, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté universitaire. L’exigence de justice et de vérité Pour la coalition, de simples regrets ne sauraient suffire. Elle exige que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame. Cela passe par : l’identification formelle des responsables et des sanctions exemplaires contre tous les acteurs impliqués dans la chaîne de commandement. Sopi Senegaal avertit que la situation dans les campus du pays est devenue insoutenable. Elle prend des tournures inquiétantes qui pourraient engendrer des conséquences incontrôlables si rien n’est fait. Un plan d’urgence pour l’apaisement Afin de désamorcer la crise, la coalition appelle les autorités à prendre des mesures immédiates : la libération sans délai des étudiants arrêtés, la levée de la suspension des amicales étudiantes, la reprise d’un dialogue sincère avec les délégués légitimes pour rétablir la confiance, et la prise en charge gratuite et intégrale des blessés dans les centres hospitaliers. Dépasser la gestion par la force La coalition fustige une méthode de gouvernance basée sur la force et la recherche systématique de boucs émissaires, une approche jugée inefficace sur le long terme. Elle s’offusque par ailleurs d’une décision aberrante : «La fermeture des restaurants dans un campus ouvert, accueillant des milliers d’étudiants, est une incongruité totale et une violation flagrante du droit à l’alimentation.» En conclusion, Sopi Senegaal appelle l’ensemble des acteurs à la sérénité et à la lucidité. Elle exhorte le gouvernement à assumer sa mission régalienne : veiller à la stabilité du pays, tout en garantissant aux citoyens l’exercice de leurs droits et libertés, tels que consacrés par la Constitution. cheikh.camara@lequotidien.sn