Minerve – Un dossier blanchi à terme
2026-02-10 - 12:48
Les douze personnes interpellées dans cette affaire ont des chances de ne plus être entendues bientôt par le procureur de Guédiawaye, du moment qu’il a été retenu dans cette affaire, le délit de blanchiment des capitaux. En effet, si l’on vise le délit de blanchiment de capitaux, le procureur de Pikine Guédiawaye est-il encore compétent si l’on sait que depuis la création du Pôle judiciaire financier (Pjf), de telles infractions relèvent de la prérogative de ce dernier ? Cette insertion du délit de blanchiment des capitaux ressemblerait fort dans ce cas, à une tentative de refiler une patate chaude à des collègues. En effet, même si l’homosexualité est réprimée au Sénégal, il est difficile de prouver un acte sexuel entre adultes consentants, fussent-ils du même sexe, s’il n’y a pas flagrant délit. Il était au départ compréhensible, du fait des ramifications internationales de cette affaire dont l’origine serait Beauvais, en France, de parler d’actes de pédophilie ou de détournement de mineurs. Néanmoins, avec l’évolution de l’affaire, et vu le profil des personnes poursuivies, l’une des manières de les retenir le plus longtemps en prison a été d’ajouter cette nouvelle charge de blanchiment de capitaux. Car, comme dit plus haut, même si elle est déclarée et assumée publiquement, l’homosexualité ne pourrait être réprimée qu’en cas de passage à l’acte, si l’on peut dire. Or, au vu de l’ampleur médiatique de l’affaire, pour que l’instruction prenne du temps, il fallait la corser d’un élément aussi sensible que le blanchiment des capitaux. Reste à savoir combien de temps il résistera. mgueye@lequotidien.sn