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Mesure – Crise du logement au Sénégal : L’Etat mise sur la décentralisation et le privé pour casser les prix

2026-02-25 - 13:07

Le calvaire des locataires dakarois va-t-il enfin prendre fin ? Entre la rareté des logements et l’obstacle des cautions de trois mois, se loger est devenu un défi pour les ménages. Pour y remédier, les autorités misent désormais sur la décentralisation de la régulation et un partenariat massif avec le secteur privé, tout en intégrant des solutions digitales pour faciliter l’accès au toit sans frais initiaux insurmontables. Par Amadou MBODJI – Face à l’explosion des coûts du loyer, notamment à Dakar, le directeur de l’Urbanisme, Momar Ndiaye, prône une nouvelle stratégie. Lors d’un forum organisé par Caution Sénégal, il a dévoilé les leviers du gouvernement : implication directe des mairies dans la gestion locative, identification fiscale des bailleurs et mise à disposition de 20 000 hectares de foncier pour booster la construction. Aujourd’hui, Dakar est sous pression à cause du défi de la densité. Avec une densité record de 5800 habitants au km2, la région de Dakar est le cœur névralgique de la crise du logement au Sénégal. C’est l’unique zone du pays où le nombre de locataires dépasse celui des propriétaires, créant une tension inflationniste que les précédentes tentatives de baisse des prix n’ont pas réussi à résorber durablement. La recette de Momar Ndiaye : identifier pour mieux réguler Pour le directeur de l’Urba­nisme et de l’aménagement territorial, l’échec des régulations passées vient d’une trop grande centralisation. Sa solution ? Impliquer les collectivités territoriales. «Le ministère du Commerce ou la Dgid ne peuvent gérer seuls ce secteur. Nous étudions comment permettre aux mairies d’identifier formellement bailleurs et locataires», explique-t-il. Cette identification est la clé de voûte du système : elle permettrait de soumettre l’ensemble des propriétaires à la Contribution globale foncière. En traquant ceux qui passent entre les mailles du filet fiscal, l’Etat espère obtenir un levier réel pour encadrer les prix en fonction des taxes appliquées. Le foncier comme levier : 20 000 hectares mobilisés L’accès à la propriété reste le meilleur rempart contre la spéculation locative. Pour ce faire, l’Etat passe à l’offensive sur le plan foncier avec une répartition stratégique des assiettes foncières, avec 60% au secteur privé pour encourager le développement de modèles économiques viables et la construction de logements sociaux. Une part de 40% aux sociétés publiques avec la Sn-Hlm (10%), la Cdc, la Sicap et la Safru qui se partageront le reste pour aménager les terrains et favoriser l’auto-construction. La technologie au service du locataire Outre le coût du loyer, la barrière à l’entrée reste la caution (souvent fixée à trois mois), un obstacle majeur pour les ménages modestes. Présent au forum, Mouhamed Faye, Pdg de Caution Sénégal, propose une alternative disruptive : une solution de cautionnement locatif digitalisée. Grâce à la technologie, les demandeurs pourraient accéder à un logement en 24 heures sans avoir à mobiliser des sommes initiales colossales. ambodji@lequotidien.sn

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