Mbour – Pour transformer les territoires en moteurs économiques
2026-02-04 - 12:40
Par Alioune Badara CISS – L’heure est au bilan et à la refondation. Dix ans après le lancement de l’Acte 3 de la décentralisation, le gouvernement sénégalais, les élus locaux et la Société civile se sont réunis à Saly pour une évaluation stratégique. L’objectif est clair : corriger les dysfonctionnements d’une réforme jugée «inachevée» afin de poser les jalons de l’Acte 4, en parfaite cohérence avec l’Agenda national de transformation «Sénégal 2050». Malgré les avancées majeures de 2013 -notamment la communalisation intégrale et l’érection du département en collectivité territoriale-, le constat partagé reste celui d’un décalage persistant entre les responsabilités transférées et les moyens alloués. Passer de l’administration à la production Amadou Diop, Préfet du département de Mbour et représentant du ministre de l’Urbanisme, des collectivités territoriales et de l’aménagement des territoires, a été formel lors de son allocution d’ouverture : «L’Acte 3 a permis une décentralisation institutionnelle, mais pas encore une véritable transformation économique. Les compétences ont été transférées sans un transfert équivalent de ressources et de pouvoirs économiques.» La vision portée par le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko repose désormais sur la création de richesses locales. Pour Pape Alioune Diouf, Secrétaire général du ministère, la réforme doit impérativement répondre aux incohérences territoriales et au manque d’autonomie financière. «Le schéma de financement actuel n’est pas assez efficace. L’enjeu de l’Acte 4 est de bâtir des communes fortes, capables de porter de véritables dynamiques de développement via l’opérationnalisation des Pôles-territoires», a-t-il précisé. Le cri du cœur des élus locaux Du côté des élus, les attentes sont fortes. Omar Ba, maire de Ndiob et président de l’Association des maires du Sénégal (Ams), a insisté sur les deux piliers qui ont fait défaut à la précédente réforme : le financement et le capital humain. «L’Acte 3 était inachevé car il manquait de ressources adéquates pour assumer nos missions. De plus, une réforme pour des territoires viables doit être portée par des élus au statut renforcé», a-t-il plaidé. Un processus inclusif pour un nouveau pacte Cet atelier de Saly n’est pas un événement isolé. Il couronne un vaste processus de concertations territoriales entamé en octobre 2024 à travers tout le pays (Dakar, Saint-Louis, Thiès, Kaolack, etc.). Ces travaux ont permis d’identifier 15 thématiques clés qui structureront le futur Code général des collectivités territoriales. L’enjeu de l’Acte 4 est désormais de sceller un «nouveau pacte» entre l’Etat et les territoires. Fondé sur la performance et la redevabilité, ce projet vise à faire de chaque commune un acteur central de la souveraineté économique nationale. abciss@lequotidien.sn