Mbour – Lutte contre le paludisme : L’offensive vaccinale lancée depuis Mbour
2026-03-26 - 18:03
Alors que le Sénégal affiche des résultats encourageants dans sa lutte contre le paludisme, la ville de la Somone (Mbour) a accueilli le lancement stratégique du projet Opt-M-Vac. Ce consortium de recherche, piloté par l’université Iba Der Thiam de Thiès, réunit 14 pays africains autour d’un objectif commun : optimiser l’introduction du vaccin antipaludique pour éradiquer la maladie d’ici 2030. Par Alioune Badara CISS – L’arsenal préventif contre le paludisme s’enrichit d’une arme de pointe. Réunies hier à la Somone, les délégations de 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont planché sur le projet Opt-M-Vac (Optimizing Malaria Vaccine Uptake). Ce programme de recherche de quatre ans, officiellement lancé début 2025, vise à préparer l’intégration du vaccin dans les Programmes élargis de vaccination (Pev) afin de combler le retard du volet préventif sur les stratégies de prise en charge classiques. Une arme décisive pour l’élimination ! Pour le Pr Aliou Thiongane, coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (Pnlp), cette innovation est providentielle. Si la distribution de moustiquaires imprégnées et la Chimio-prévention saisonnière (Cps) ont porté leurs fruits, le vaccin constitue le «maillon manquant» pour l’éradication. «Le vaccin arrive à point nommé. Dans notre dynamique d’élimination à l’horizon 2030, il vient compléter les moyens existants pour accroître notre efficacité», a-t-il affirmé. Des indicateurs au vert au Sénégal L’optimisme des experts s’appuie sur des chiffres concrets. Au Sénégal, les progrès sont notables entre 2024 et 2025 : passage de 23 à 12 cas pour 1000 habitants pour la morbidité. Pour la mortalité, il a été noté une chute spectaculaire de 314 à moins de 200 décès sur la même période. A travers son Ufr des Sciences de la santé, l’Université Iba Der Thiam (Uidt) s’impose désormais comme un pôle majeur de recherche en Afrique. Pour Pr Fatou Bintou Sarr, directrice de la recherche à l’université Iba Der Thiam de Thiès, le rôle de l’institution est de répondre directement aux urgences de santé publique, notamment pour protéger les femmes enceintes et les enfants. «La recherche et l’innovation scientifique doivent être orientées vers la résolution des problèmes des populations. L’équipe d’Opt-M-Vac développe des stratégies pour que le vaccin soit accepté et le plus efficace possible», explique-t-elle. Une synergie internationale Le succès du projet repose sur une collaboration multisectorielle d’envergure. Soutenu techniquement par l’Oms Tdr (Genève), le consortium mobilise des institutions prestigieuses telles que la London School pour l’analyse statistique et le Rabat Collaborating Center pour la pharmacovigilance. Dr Corinne Merle, représentante de l’Oms Tdr, souligne la solidité de ce partenariat : «Nous collaborons avec l’Université de Thiès depuis près de 15 ans. Ce projet permet aux Etats d’évaluer l’introduction du vaccin et de trouver des stratégies innovantes pour améliorer la couverture vaccinale.» Alors que le projet entre dans sa phase opérationnelle, l’espoir de voir le paludisme relégué au rang de souvenir d’ici 2030 semble plus tangible que jamais pour les 14 nations engagées. abciss@lequotidien.sn