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Mbour – Accès aux soins de santé : L’Ia au chevet du système de santé sénégalais

2026-01-28 - 12:34

A l’heure où le Sénégal accélère sa transition numérique, l’ingénieur Mamadou Guèye mise sur l’intelligence artificielle pour guérir l’un des plus grands maux du système de santé national : l’errance médicale. Avec «Djolof santé», une plateforme innovante testée entre Mbour et Saly, ce «fils du pays» propose une solution endogène pour connecter en temps réel patients, pharmacies et structures de soins. Un appel direct à la souveraineté technologique lancé jusqu’au sommet de l’Etat. Par Alioune Badara CISS – Au Sénégal, le défi majeur de la santé publique ne réside pas uniquement dans l’offre de soins, mais dans la fracture informationnelle qui sépare le patient du praticien. Fort de ce constat, Mamadou Guèye, ingénieur expert en Intelligence artificielle (Ia), a conçu «Djolof santé», une plateforme innovante destinée à transformer l’errance médicale en un parcours fluide et sécurisé. Le «Gps de la santé» pour contrer l’errance médicale Depuis 2021, le projet a évolué pour atteindre aujourd’hui sa quatrième version. L’am­bition est claire : réduire drastiquement les délais de prise en charge en agissant sur le levier de l’orientation. Pour Ma­madou Guèye, le système souffre moins d’un manque de compétences que d’un déficit d’accessibilité logistique. «Les compétences existent, mais elles sont silotées. Ce qui tue, c’est l’attente et l’incertitude», explique-t-il. L’application fonctionne comme un véritable centre de commandement numérique, permettant de localiser en temps réel : les pharmacies de garde et la disponibilité des stocks de médicaments, les spécialistes disponibles à proximité, les structures de santé adaptées aux besoins spécifiques du patient. Un déploiement stratégique et technologique Bien que la vision soit nationale, le déploiement opérationnel se concentre actuellement sur le pôle économique et touristique de Mbour et Saly. Cette phase-pilote permet d’affiner une base de données exhaustive intégrant : les structures de santé publiques et privées, les réseaux de pharmacies, les compagnies d’assurance et les Institutions de prévoyance maladie (Ipm), facilitant ainsi la gestion du tiers-payant. L’innovation ne s’arrête pas à la géolocalisation. L’in­génieur prévoit l’intégration de Sos 100, un serveur de messagerie intelligent capable d’alerter instantanément les donneurs de sang éligibles en cas d’urgence vitale, répondant ainsi à la problématique chronique de la pénurie de poches de sang dans les hôpitaux. Un appel à la souveraineté technologique Arrivé à une phase de maturité technologique avancée, Djolof santé se heurte désormais au plafond de verre du financement et de l’adoption institutionnelle. Mamadou Guè­ye lance un appel solennel aux autorités, notamment au président de la République, Bas­sirou Diomaye Faye. L’en­jeu dépasse le simple cadre technique : il s’agit de souveraineté numérique en santé. En soutenant une solution endogène («Made in Senegal»), l’Etat pourrait doter le pays d’un outil de régulation puissant, capable de générer des données statistiques précieuses pour la planification sanitaire nationale. Djolof santé ne se présente plus comme une simple application, mais comme une infrastructure vitale prête à être mise à l’échelle pour garantir à chaque Sénégalais une information médicale de qualité, rapide et accessible. abciss@lequotidien.sn

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