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Maroc – Renvoi de leur procès au 30 mars : Le calvaire continu des supporters sénégalais

2026-03-17 - 13:24

La Cour d’appel de Rabat a reporté l’audience, accédant à la demande de la Défense. Me Kabou entend soulever la nullité de la procédure et s’opposer à tout alourdissement des peines. Par Malick GAYE – L’audience en Appel des 18 supporters sénégalais, condamnés à des peines de prison ferme à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, n’a pas eu lieu ce lundi comme prévu. La Cour d’appel de Rabat a décidé de renvoyer l’affaire au 30 mars 2026, afin de laisser à la défense le temps de préparer ses plaidoiries. Un report à l’initiative de la Défense Contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce renvoi ne témoigne pas d’une hésitation du Tribunal, mais reflète une stratégie délibérée de la Défense. Me Patrick Kabou, avocat des prévenus, a obtenu ce délai supplémentaire afin de présenter des arguments solides sur le fond. Lors de l’audience de ce jour, il a notamment plaidé pour la mise en liberté provisoire de certains détenus, au motif de la durée de détention déjà accomplie. Pour le 30 mars, la Défense a défini une double ligne d’attaque : soulever la nullité de la procédure d’Appel elle-même, et mettre en avant le comportement exemplaire des détenus au sein des établissements pénitentiaires marocains, dans l’espoir de contrer toute velléité d’alourdissement des peines. La recevabilité de l’Appel en question L’un des axes centraux de la défense repose sur un argument de procédure qui pourrait s’avérer décisif. Selon Me Kabou, le délai légal de dix jours pour interjeter Appel avait expiré le 5 mars, et un certificat de non-Appel lui avait été promis par le greffe dès le 6 mars. Si cet argument est retenu par la juridiction, l’Appel du Parquet pourrait être purement et simplement déclaré irrecevable, mettant fin à la procédure au bénéfice des 18 prévenus. La situation est qualifiée de «très confuse» par la Défense elle-même. Il convient de rappeler que c’est le Parquet et les parties civiles, notamment des policiers marocains blessés lors des incidents, qui ont fait Appel, et non les prévenus. Le Parquet estime que les peines initialement prononcées étaient insuffisantes au regard de la gravité des faits et de la jurisprudence appliquée aux ressortissants marocains dans des affaires similaires. La diplomatie sénégalaise sur le pied de guerre Le gouvernement sénégalais suit de près l’évolution de l’affaire. Le secrétaire d’Etat aux Sénégalais de l’extérieur, Amadou Chérif Diouf, a fait le déplacement à Rabat pour assister à l’audience, accompagné du Consul général à Casablanca. Cette présence institutionnelle envoie un signal fort quant à l’importance accordée par Dakar à cette affaire, qui engage à la fois des enjeux consulaires, humains et diplomatiques. En parallèle de la voie judiciaire, la piste d’une grâce royale accordée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI n’est pas écartée. Une telle issue permettrait de dénouer la crise par la voie diplomatique, sans qu’il soit nécessaire d’attendre l’issue des débats judiciaires. mgaye@lequotidien.sn

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