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Manif’ – Marche pour dénoncer les violences commises par les Fds : Un cri du cœur contre l’impunité et les bavures policières

2026-02-23 - 13:07

Le Collectif contre les bavures policières a battu le pavé ce samedi à Dakar. Entre émotion et fermeté, quelques dizaines de manifestants ont marché du Casino de Liberté 1 au rond-point Jet d’eau pour réclamer «vérité et justice» pour Abdoulaye Ba et les victimes de violences sécuritaires. Un rassemblement pacifique mais chargé de symboles, sous l’œil vigilant des Forces de l’ordre. Par Justin GOMIS – Il est un peu moins de 16 heures lorsque l’hymne national retentit devant le Casino de Liberté 1. Les visages sont graves, les mains serrent des drapelets tricolores et des pancartes aux messages sans équivoque : «Justice pour nos martyrs», «Non à l’impunité», ou encore «Justice pour Abdou­laye Ba». Ce samedi, la marche pacifique, organisée par le Collectif contre les bavures policières, a transformé le bitume dakarois en une tribune citoyenne. Le traumatisme de l’Ucad en toile de fond Le cortège, bien que modeste en nombre, a rallié le rond-point Jet d’eau dans une atmosphère de recueillement et de contestation. Pour les organisateurs, cette mobilisation est un signal d’alarme envoyé aux pouvoirs publics face à la multiplication des abus présumés. Au cœur des revendications : les récents événements survenus à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Khalil Bassène, membre du collectif, ne décolère pas : «Les événements à l’université ont été la goutte d’eau de trop. Le 9 février, les forces d’intervention ont pénétré dans le campus. Au-delà des grenades lacrymogènes, des biens d’étudiants ont été vandalisés.» Si le ministre de l’Intérieur a annoncé des mesures disciplinaires contre certains agents, le collectif les juge largement «insuffisantes». Un bilan sanitaire lourd Le récit des violences prend une tournure concrète avec l’intervention de Serigne Saliou Fall, président de la Com­mission sociale de la Faculté de médecine. Selon le bilan du Service médical universitaire qu’il rapporte, les chiffres font froid dans le dos : 107 étudiants blessés lors des derniers affrontements et 5 cas graves nécessitant des soins intensifs. «Il faut que toute la lumière soit faite sur la mort de notre camarade Abdou­laye Ba», a-t-il martelé sous les applaudissements de la foule. Vers une «police citoyenne» Pour Momar Assane Diouf, l’un des responsables du collectif, l’enjeu dépasse le simple fait divers. Il plaide pour une réforme structurelle, incluant un renforcement des mécanismes de contrôle et une transparence totale dans le traitement des plaintes visant les Forces de défense et de sécurité (Fds). Un avis partagé par Souley­mane Guèye du Frapp, qui voit en l’impunité le terreau de la récidive : «Tant qu’il n’y aura pas de sanctions exemplaires, ces pratiques risquent de se poursuivre. Nous voulons une police citoyenne, pas une police qui terrorise.» De son côté, Mame Awa Diouf a rappelé avec émotion que «toutes les vies comptent», et que le maintien de l’ordre ne peut en aucun cas justifier la mort de civils. Un genou à terre pour l’histoire L’un des moments les plus poignants de la manifestation a été le «sit-in» improvisé. A l’image des mouvements internationaux contre les violences policières, les manifestants ont posé un genou à terre, observant de longues secondes de silence en hommage aux victimes. La marche s’est finalement dispersée dans le calme aux alentours de 17 heures, sans aucun incident majeur. Une preuve, selon les participants, que la réclamation de justice peut s’exprimer dans la dignité et la paix. justin@lequotidien.sn

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