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Keur Massar – Assainissement de la commune : 182 milliards pour en finir avec les inondations

2026-02-13 - 12:50

A Keur Massar, les autorités locales et les partenaires internationaux affichent désormais la même ambition : faire de la commune un exemple de résilience urbaine et tourner définitivement la page des inondations. Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – La Banque mondiale salue les avancées du Progep 2 Keur Massar, longtemps symbole des inondations à répétition dans la banlieue dakaroise, amorce un nouveau virage. En visite mardi dernier dans la commune, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a salué les avancées enregistrées dans le cadre de la deuxième phase du Projet de gestion des eaux pluviales et d’adaptation au changement climatique (Progep 2), mis en œuvre par l’Agence de développement municipal (Adm). «Ce programme représente un investissement global de 182 milliards de F Cfa. C’est un engagement fort pour accompagner le Sénégal dans sa lutte contre les inondations et dans la construction d’un développement urbain durable et résilient», a déclaré Ousmane Diagana, au terme de la visite de terrain. Des ouvrages déjà visibles Lancé en 2021, le Progep 2 a permis la réalisation d’infrastructures majeures dans huit communes des départements de Keur Massar, Rufisque, Pikine et Guédiawaye. Au total, 57 850 mètres linéaires de réseaux de drainage primaires et secondaires ont été réalisés. A cela, s’ajoutent 37 kilomètres de voiries en pavés autobloquants. «Plus de 250 000 personnes bénéficient directement de ces investissements sur une superficie de plus de 1500 hectares», a souligné le vice-président de la Banque mondiale, saluant «la qualité des ouvrages et la vision stratégique» portée par l’Adm. Ousmane Diagana a insisté sur l’approche technique adoptée par l’Agence de développement municipal. «L’option du bassin versant est une démarche intelligente. Elle valorise la topographie naturelle, limite le recours aux systèmes de pompage et privilégie le drainage gravitaire vers la mer. Cela réduit les coûts d’exploitation et garantit la durabilité des infrastructures», a-t-il expliqué. A ses yeux, cette stratégie permet de concilier urgence et vision à long terme, tout en renforçant la résilience des territoires face aux effets du changement climatique. Des impacts au-delà de la lutte contre les eaux Au-delà des infrastructures, les retombées sociales et économiques sont mises en avant. «Les bénéfices vont bien au-delà de la protection contre les inondations. On observe une amélioration du cadre de vie, une baisse des maladies hydriques comme le paludisme et le choléra, ainsi qu’un retour des activités économiques dans les zones autrefois sinistrées», a affirmé le vice-président de la Banque mondiale. La revalorisation du foncier et la relance de la construction traduisent également cette nouvelle dynamique. Sur le plan institutionnel, la réduction progressive des dispositifs de pompage d’urgence génère des économies substantielles en carburant, en électricité et en charges de personnel. A son tour, le maire de Keur Massar, Abdou Aziz Diané, a exprimé sa reconnaissance envers la Banque mondiale et ses partenaires. «Keur Massar a longtemps été associée aux inondations. Aujourd’hui, grâce à ces investissements massifs, notre commune vit un tournant historique», a-t-il déclaré. L’édile a salué des ouvrages «structurants et durables», qui redonnent espoir aux populations. «Les habitants retrouvent la stabilité, les commerçants reprennent leurs activités et les investisseurs reviennent. C’est toute l’économie locale qui respire à nouveau», a-t-il insisté. Un projet inscrit dans «la Vision Sénégal 2050» Financé à hauteur de 167 milliards de F Cfa par la Banque mondiale et 4, 6 milliards par le Fonds nordique de développement, le Progep 2 s’inscrit dans l’Agenda national de transformation «Sénégal 2050». Il combine investissements infrastructurels -canaux, bassins de stockage, voiries- et mesures non infrastructurelles intégrant la planification urbaine, la gestion environnementale et sociale, l’engagement citoyen et les systèmes d’alerte précoce. latifmansaray@lequotidien.sn

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