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#Kédougou – Conséquences des activités minières : Le cri d’alarme contre le «carnage écologique» des mines

2026-01-30 - 12:39

Entre déforestation massive, pollution des eaux et manque de transparence, l’exploitation minière au Sénégal, particulièrement à Kédougou, est au cœur de vives critiques. Lors de l’Assemblée générale d’Amnesty International, experts et acteurs locaux ont dénoncé un modèle qui sacrifie l’environnement et la santé des populations sur l’autel du profit, tout en appelant à une réforme profonde du cadre législatif. Par Justin GOMIS – Un désastre environnemental aux portes de Kédougou ? L’exploitation minière à Kédougou ne se fait pas sans heurts. L’usage intensif d’explosifs par les compagnies minières engendre une dégradation profonde de l’écosystème, nuisant à la fois à la faune locale et à la sérénité des riverains. Oumar Diao, président de l’association Alerte Ké­dougou, décrit une situation alarmante concernant la mécanisation de l’orpaillage traditionnel : «Pour creuser un seul trou d’extraction (dama), entre 100 et 150 arbres sont abattus. Nous assistons à un véritable carnage.» Au-delà de la déforestation, c’est le fleuve Falémé qui est en péril. Malgré un décret interdisant toute exploitation à moins de 500 mètres des cours d’eau, l’orpaillage semi-mécanisé continue de polluer intensément les ressources hydriques de la région. Face à ce constat, les acteurs de la Société civile appellent l’Etat à agir sur deux leviers principaux : il est jugé impératif de mettre en cohérence le Code minier, le Code de l’environnement et le Code des collectivités locales. Il est aussi essentiel de promouvoir la décentralisation du pouvoir, car le transfert de compétences réelles aux collectivités territoriales permettrait un encadrement de proximité, garantissant que les richesses du sous-sol profitent réellement aux populations locales tout en protégeant leur cadre de vie. Un «échec démocratique» et un manque de transparence Le volet social de l’exploitation minière est également pointé du doigt. Mouhamadou Diop, chargé de campagne pour Greenpeace Afrique, qualifie le processus de consultation des populations d’«échec démocratique» : les études d’impact sont rédigées dans un français technique complexe, inaccessible à une population majoritairement non scolarisée. Il y a aussi «l’opacité» qui entoure les incidents : le cas de la fuite de gaz sur la plateforme Grand Tortue Ahmeyim (Gta) est emblématique. La multinationale aurait attendu plusieurs semaines avant de communiquer sur cet incident survenu en février dernier, laissant planer un risque sanitaire à long terme sur la chaîne alimentaire marine. Le constat est amer : le Sénégal et la Mauritanie ne disposeraient pas encore des moyens techniques souverains pour vérifier ou colmater de telles fuites, dépendant entièrement d’expertises étrangères, pendant que les risques écologiques s’accumulent. justin@lequotidien.sn

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