Investissements – Feuille de route 2025-2030 : Le Fonsis veut mobiliser près de 3000 milliards
2026-02-09 - 12:49
Environ 3000 milliards de francs Cfa, c’est le coût global des projets majeurs que le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) entend réaliser, en partenariat avec le secteur privé, avant 2030. Par Dialigué FAYE – L’Etat sénégalais, via le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), son bras financier, entend mobiliser un investissement global d’environ 3000 milliards de francs Cfa au cours des cinq prochaines années, à travers des projets majeurs. Il s’agit d’un pipeline de 20 projets prioritaires à réaliser avant 2030, en collaboration avec le secteur privé, dont le Grand transfert d’eau (Gte), la Raffinerie & comptoir national d’or, les aquapoles, l’Agropole sud, le Dakar millennium center (Dmc), le Hub médical et paramédical de Dakar (Hmpd), une Centrale électrique de 500 Mw à gaz, l’Industrie sénégalaise des véhicules militaires (Isevem) et Kajom capital, un véhicule financier visant à faciliter l’accès aux logements. «Infrastructure hydraulique de plus de 200 km, le Gte va relier le Lac de Guiers à une usine de potabilisation pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable du triangle Dakar-Mbour-Thiès, la ville de Touba et des périmètres agricoles. Le coût du projet est estimé à 1635 milliards de francs Cfa. Et en termes d’impact, il permettra de desservir 11 millions de personnes à l’horizon 2050, et des périmètres agricoles de l’ordre de 10 000 hectares», selon le Directeur général du Fonsis, Babacar Gning, qui intervenait lors de la 1ère édition des Rendez-vous du capital-investissement. La Raffinerie & comptoir national d’or est un projet de valorisation de l’or porté par le Fonsis et la Société des mines du Sénégal (Somisen). D’un coût de 4 milliards de francs Cfa, cette «filière complète sera articulée autour d’une raffinerie nationale d’or, de trois centres de traitement de minerais d’or artisanal et semi-mécanisé, ainsi que d’un comptoir national d’or. Elle sera basée à Kédougou», indique M. Gning. En effet, explique le Dg du Fonsis, «nous produisons une quantité non négligeable d’or, mais tout cet or est raffiné à l’étranger. L’orpaillage est extrêmement important, mais ce n’est pas encadré. Donc le comptoir national permettra non seulement d’encadrer cette activité, mais également l’Etat aura une visibilité sur la production réelle et approvisionnera le marché local en or. Aujourd’hui, l’or que nos bijoutiers utilisent est importé, alors que nous produisons la matière première. C’est un projet important que nous comptons lancer dès cette année. Les unités de traitement suivront. Le fait d’avoir des unités de traitement locales permettra de pouvoir utiliser des procédés moins polluants, moins toxiques pour transformer cet or et encadrer les orpailleurs». S’agissant des aquapoles, c’est un programme d’aquaculture industrielle marine et continentale visant à réaliser des fermes aquacoles onshore et offshore. Les espèces ciblées sont le tilapia et le clarias, avec un objectif de production de 10 000 tonnes à horizon 2027. Le coût du projet est projeté à 15 milliards de francs Cfa, note le Fonsis dans un document. 600 milliards investis ces dernières années Le projet agro-industriel intégré dans le Sud du Sénégal pour la transformation de spéculations à haute valeur ajoutée est également confié au Fonsis. D’une superficie de 10 000 ha, son coût est évalué à 80 milliards de francs Cfa. Développé dans le cadre de la valorisation de 37 hectares stratégiques situés à Ouakam-Corniche ouest, le Dmc nécessitera un investissement de 500 milliards de francs Cfa. «Ce sera un quartier moderne, polyvalent et attractif, combinant logements, activités économiques, espaces culturels et services...», précise M. Gning. Sur le Hmpd, il informe que l’Etat a confié au Fonsis la mission de «valoriser l’assiette foncière résiduelle de l’hôpital Aristide Le Dantec (3 hectares), en y développant un hub paramédical de référence, porté par des investissements majoritairement privés à hauteur de 60 milliards de francs Cfa. Des services médicaux et paramédicaux comprenant des infrastructures sanitaires modernes ainsi qu’une offre de services connexes y sont prévus». D’un coût de 525 milliards de francs Cfa, la centrale électrique de 500 Mw sera alimentée par le gaz local, afin de libérer une énergie fiable et abordable pour le Sénégal. Quid de l’Isevem ? Ce projet s’inscrit pleinement, d’après le Fonsis, «dans la vision nationale de renforcement de la souveraineté technologique, industrielle et militaire, en dotant le pays d’une capacité locale d’assemblage de véhicules militaires tactiques. D’un investissement de 15 milliards de francs Cfa, ce projet sera basé à Diamniadio». Doté de quatre véhicules financiers, le Fonsis tend vers un cinquième. Il s’agit de Kajom Capital, visant «à faciliter l’accès à la propriété aux ménages via un mécanisme innovant de location-vente». Ce projet compte toucher, selon les collaborateurs du Dg Gning, «l’ensemble des régions du Sénégal, avec un accent particulier sur Dakar, Mbour et Thiès. D’un coût de 570 milliards de francs Cfa, Kajom vise à financer 20 000 logements sur 10 ans». De 2014 (année de démarrage de ses activités) à 2025, le Fonsis a investi 55 milliards de francs Cfa à travers différents projets d’un coût global de 600 milliards de francs Cfa (effet levier de 10). dialigue@lequotidien.sn