Finances publiques : Babacar Ba appelle à «rationaliser» les fonds communs
2026-03-03 - 13:18
Alors que le gouvernement sénégalais s’attelle à mobiliser des ressources colossales pour son nouveau plan de relance, la question des privilèges financiers au sein de l’Administration refait surface. Babacar Ba, président du Forum du justiciable, interpelle directement le Premier ministre sur la gestion des fonds communs. Dans une lettre ouverte aux accents de rigueur budgétaire, le Forum du justiciable (Fj) pose le débat sur la table : peut-on encore justifier l’existence de fonds communs massifs dans un contexte d’austérité ? Pour Babacar Ba, la réponse semble pencher vers une réforme profonde : c’est un levier pour le Plan de redressement économique. Le Sénégal s’est fixé un objectif ambitieux : mobiliser 5667 milliards de F Cfa dans le cadre du Plan de redressement économique et social (Pres). Face à ce défi, le Forum du justiciable estime que chaque centime doit être optimisé. «Dans ce contexte économique particulièrement difficile, la question des fonds communs [...] mérite d’être débattue», écrit Babacar Ba à l’attention du chef du gouvernement. Evalués à plusieurs centaines de millions de F Cfa, ces fonds sont traditionnellement répartis entre les inspecteurs, contrôleurs et agents des régies financières (Impôts et Domaines, Douanes, Trésor). Si ces mécanismes visent à encourager la performance et à prévenir la corruption, leur opacité et leur volume suscitent régulièrement la controverse. Vers une justice fiscale et sociale Pour le Forum du justiciable, la «rationalisation» de ces fonds n’est pas seulement une mesure comptable, c’est une question d’équité. A l’heure où les ménages sénégalais subissent de plein fouet l’inflation et les contraintes budgétaires, le maintien de tels avantages au sein de la haute Administration est perçu comme un anachronisme. Selon l’organisation, une meilleure répartition ou une réduction de ces enveloppes pourrait avoir un «impact considérable» sur la capacité de l’Etat à financer ses projets de développement sans alourdir davantage la dette publique. Les défis d’une réforme sensible Le Premier ministre se retrouve face à un arbitrage délicat. S’attaquer aux fonds communs, c’est risquer de s’aliéner les cadres des régies financières, piliers de la mobilisation des recettes de l’Etat. Cependant, le message du Forum du justiciable est clair : la réussite du Plan de redressement à 5667 milliards passera par une exemplarité au sommet de l’Administration. Reste à savoir si le gouvernement osera ouvrir cette «boîte de Pandore» pour garantir la transparence promise lors de son accession au pouvoir.