TheSenegalTime

Financements – Promotion de la création de fonds d’investissement : Le Dg du Fonsis pour la mise en place d’un cadre légal adapté

2026-01-31 - 12:38

Pour encourager le secteur privé à créer des fonds d’investissement permettant de financer les Petites et moyennes entreprises (Pme), le Directeur général du Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis) plaide pour la mise en place d’un cadre légal et réglementaire adapté. Babacar Gning intervenait hier, lors de la 1ère édition des Rendez-vous du capital-investissement lancée par le Fonsis, en partenariat avec la presse économique. Par Dialigué FAYE – Jusqu’ici, le Sénégal, à travers le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), ne compte que quatre fonds d’investissement, notamment Teranga capital, le WE ! Fund, le Fonds islamique de relance et Oyass Capital, qui font une taille cumulée de 85 milliards de francs Cfa. Pour aller-delà de ce nombre de véhicules d’investissements, le Sénégal gagnerait à mettre en place un cadre légal et réglementaire adapté. «Pour que nous puissions avoir des investisseurs privés qui créent des fonds d’investissement basés au Sénégal et qui financent les entreprises sénégalaises, il y a des réformes qui sont nécessaires, notamment sur le cadre légal et réglementaire, en particulier sur le point fiscal», estime le Directeur général du Fonsis. Mais, renseigne Babacar Gning, «ces réformes, aujourd’hui, sont en discussion entre le Fonsis et l’Etat central, avec également l’appui de l’Apix, pour pouvoir aider notre pays à avoir un cadre adapté à ces fonds qui sont une solution extrêmement puissante en vue d’accélérer la transformation de nos Petites et moyennes entreprises (Pme) en championnes nationales». M. Gning intervenait hier, lors de la 1ère édition des Rendez-vous du capital-investissement lancée par le Fonsis, en partenariat avec le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (Cojes). Il rappelle que «les fonds d’investissement en capital sont des instruments de financement extrêmement puissants pour accompagner les Petites et moyennes entreprises (Pme). Ils sont complémentaires à la dette bancaire. Le financement en capital veut dire injecter des fonds propres dans une entreprise et avoir en contrepartie des actions. Donc, il n’y a ni garantie, ni de taux d’intérêt, encore moins de tableau d’amortissement». «Vous donnez votre argent à une entreprise, quand il y a des bénéfices, ils sont partagés, quand il y a des pertes, vous perdez votre mise. Et cela, c’est extrêmement adapté à l’activité des Pme et startups, parce qu’en fait, ça permet de partager les risques. C’est également un financement patient, parce que vous êtes obligés d’attendre que l’entreprise soit rentable avant de pouvoir recouvrer votre investissement. Le capital-investissement apporte une assistance technique, un renforcement de capacités des Pme, en les aidant à mettre en place une gouvernance normale, mais également en les aidant à adresser les points de fragilité qui sont observés.» Des réformes en vue Ainsi espère-t-il qu’avec «les réformes qui seront faites pour pouvoir rendre l’environnement plus attractif pour les fonds d’investissement, le pays pourra avoir, au-delà des fonds qui sont en train d’être déployés actuellement, une dizaine d’autres qui seront basés au Sénégal et qui vont accompagner la vision du chef de l’Etat avec le programme «Sunu champion», afin que le Sénégal puisse avoir des centaines de champions nationaux qui, peut-être demain, seront des champions continentaux». Le Fonsis est le bras financier de l’Etat pour les investissements stratégiques, en partenariat avec le secteur privé. Depuis le démarrage de ses activités en 2014, il comptabilise 26 participations en portefeuille, 55 milliards de francs Cfa investis pour un coût global de 600 milliards de francs Cfa (effet levier de 10, c’est-à-dire sur un investissement de 10, le fonds n’apporte que 1 et les 9, d’autres investisseurs). Aujourd’hui, précise Babacar Gning, le plus grand défi, c’est d’attirer massivement des capitaux privés au Sénégal. En effet, indique-t-il, «le nouveau paradigme que la Vision Sénégal 2050 a instauré au Sénégal, consiste à mobiliser massivement les capitaux privés nationaux et les capitaux privés internationaux pour réaliser les projets de transformation de l’économie. C’est un défi qui doit être relevé par tous les acteurs, toutes les parties prenantes de la société, les institutions financières sénégalaises, les entreprises sénégalaises, les médias, mais également toute la population, parce que c’est avec cette synergie que nous pourrons booster l’attractivité du Sénégal et faire venir un certain nombre d’investisseurs privés, mais également convaincre les Sénégalais eux-mêmes de mettre leur argent dans les projets qui transforment le pays».

Share this post: