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Fao – Filière coquillage au Sénégal : Vers une certification internationale et une explosion des revenus

2026-03-06 - 13:17

Grâce au soutien de la Fao et de ses partenaires, le projet de mise aux normes sanitaires des produits conchylicoles affiche des résultats exceptionnels. Entre cartographie scientifique des sites et autonomisation des femmes, la filière se structure pour conquérir les marchés mondiaux. Par Justin GOMIS – Mettre en place un système national de contrôle sanitaire des coquillages conforme aux standards internationaux pour ouvrir durablement l’accès aux marchés : tel est l’objectif ambitieux du projet PPG/Stdf/672. Portée par la Fao et le Fonds pour l’application des normes et le développement du commerce (Stdf), en collaboration étroite avec l’Etat du Sénégal, cette initiative arrive à son terme avec un bilan largement positif. Lors de l’atelier de capitalisation tenu hier, Djibril Dramé, représentant de la Fao, a exprimé sa satisfaction face à l’atteinte des trois objectifs majeurs du programme. Le premier pilier du projet a permis de sortir la filière de l’informel grâce à des données précises : 50 sites conchylicoles ont été identifiés et cartographiés, 62% des sites sont classés en zone A (commercialisation directe autorisée), 36% sont en zone B (nécessitant une purification préalable). Un seul site a été déclaré non conforme. Un cadre réglementaire et humain renforcé Sur le plan institutionnel, le changement est structurel. Trois arrêtés ministériels ont été adoptés pour encadrer l’hygiène et la qualité des produits. Un programme national de surveillance est désormais actif sur huit sites prioritaires. Le renforcement des capacités n’est pas en reste : 64 agents d’inspection, 35 cadres techniques et 233 membres de Groupements d’intérêt économique (Gie) -majoritairement des femmes- ont été formés aux meilleures pratiques internationales. «Ces données constituent une base scientifique inédite pour la gestion durable de la filière, et traduisent un changement profond dans la gouvernance sanitaire», a souligné Djibril Dramé. Des retombées économiques concrètes Au-delà de l’aspect technique, le projet transforme le quotidien des communautés côtières. Les coquillages sénégalais s’invitent désormais à la table des grands hôtels et des circuits touristiques. Les prix de vente s’en ressentent, atteignant désormais 3500 à 7000 F Cfa le kilogramme selon les zones. Cette valorisation bénéficie directement aux femmes, qui représentent plus de 90% des acteurs de la filière, renforçant ainsi leur résilience économique. Le projet a également créé des synergies avec d’autres programmes comme «Fish4ACp», et suscité l’intérêt de l’Asepex pour l’exportation. Vers une mise à l’échelle nationale Pour le professeur Amadou Diouf, ces résultats sont «très encourageants». Selon lui, la caractérisation scientifique et le suivi sanitaire offrent des bases solides pour une gestion durable des ressources. L’atelier de capitalisation ne marque donc pas une fin, mais un nouveau départ. Il doit permettre d’identifier les leçons apprises pour déployer ces bonnes pratiques à l’échelle nationale, inscrivant ainsi la conchyliculture sénégalaise dans la vision des «4 Améliorations» (4 Betters) du Cadre stratégique de la Fao 2022-2031. justin@lequotidien.sn

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