FAO Alerte rouge en Afrique de l’Ouest : 52, 8 millions de personnes face à l’insécurité alimentaire
2026-01-28 - 12:44
La crise alimentaire et nutritionnelle franchit un nouveau palier critique en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Selon les dernières projections du Cadre harmonisé présentées à Dakar, le nombre de personnes en insécurité alimentaire aiguë pourrait bondir de 41, 8 millions actuellement à près de 53 millions durant la prochaine période de soudure, si une action collective et urgente n’est pas engagée immédiatement. Par Justin GOMIS – Une spirale de vulnérabilité sans précédent. Le constat dressé ce 26 janvier 2026 par la Fao est sans appel : la situation ne cesse de se dégrader. Actuellement, 41, 8 millions de personnes sont déjà classées en phase «crise» ou pire (phases 3 à 5 du Cadre harmonisé). Plus inquiétant encore, 1, 4 million de citoyens se trouvent en phase d’urgence absolue dans des pays comme le Nigeria, le Sénégal, le Mali ou le Niger. Cette aggravation s’explique par un «cocktail explosif» de facteurs : l’insécurité persistante à cause des conflits dans le Bassin du Lac Tchad et le Liptako-Gourma empêche l’accès aux terres agricoles et perturbe les marchés ; les chocs climatiques suivis d’aléas pèsent lourdement sur les rendements agricoles ; la pression économique qui provoque une inflation galopante et le coût élevé des intrants agricoles étranglent les ménages ; et le désengagement financier a entraîné une baisse des financements humanitaires qui limite les capacités de prévention et de réponse. Des projections alarmantes pour 2026 Si rien n’est fait pour inverser la tendance, la période de soudure (juin-août 2026) s’annonce catastrophique, avec environ 52, 8 millions de personnes touchées. Le Nigeria, le Tchad, le Cameroun et le Niger figurent parmi les nations les plus exposées. Le risque de basculer dans la «Phase 5» (catastrophe/famine) est désormais réel pour certaines zones localisées, notamment dans l’Etat de Borno au Nigeria, où plus de 15 000 personnes pourraient se retrouver sans aucune ressource alimentaire. L’appel à une mobilisation générale Face à l’urgence, Mme Bintia Stephen-Tchicaya, Coordonnatrice sous-régionale de la Fao, martèle la nécessité d’agir collectivement pour éviter un drame humain majeur en 2026. L’organisation appelle les gouvernements et les partenaires internationaux à soutenir la production vivrière locale de manière immédiate, protéger les moyens de subsistance des populations rurales et investir dans la résilience à long terme des communautés. Le Cadre harmonisé, qualifié de «boussole» par M. Koffy Dominique Kouacou, reste l’outil de référence pour cibler les interventions et prioriser l’aide là où elle est la plus vitale. Le message est clair : le temps n’est plus au constat, mais à l’action immédiate pour sauver des millions de vies. justin@lequotidien.sn