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Expropriation des habitants : Sonko ne renonce pas à la Cité Fayçal

2026-03-17 - 13:24

Les déclarations du Premier ministre sur sa volonté de reprendre le bien de l’Etat, «avec ou sans la loi», ont ravivé les inquiétudes des résidents de la Cité Fayçal, qui mobilisent déjà leurs avocats. Les habitants de la Cité Fayçal ont décidé de réagir aux déclarations du Premier ministre et du directeur de la Société de gestion du patrimoine bâti de l’Etat. Les affirmations du chef du gouvernement selon lesquelles il allait reprendre le patrimoine bâti de l’Etat, «avec ou sans une décision de justice», ont été considérées comme des plus inquiétantes. Au point que certains des résidents ont considéré que la démarche de M. Sonko était motivée par des raisons politiciennes, en considérant que parmi des résidents on pouvait compter des personnalités politiques de l’opposition, en plus de ministres ou de hauts fonctionnaires et des magistrats. Toutefois, ces résidents ont décidé de ne pas se laisser faire. Ils rappellent que c’est l’ancien Président Wade qui avait concédé ces immeubles à des fonctionnaires dont certains, proches de la retraite, n’avaient pas prévu de plan de repli domiciliaire. Macky Sall avait à un moment, tenté de revenir sur la volonté de Wade, mais il avait dû se plier à la décision de la Cour suprême qui avait estimé légale l’occupation de cette cité. L’Etat n’ayant ni la volonté ni le loisir de faire la maintenance de ces immeubles, avait trouvé le moyen d’accorder un bail aux résidents. Ces baux, selon certains d’entre eux, iraient de 50 à 99 ans. Moyennant un montant forfaitaire et très minime par rapport à la valeur des habitations, les occupants avaient le loisir de ne pas vivre dans la hantise d’une quelconque expulsion forcée. Ils ont donc permis l’embellissement de la cité et en ont encore plus accru la valeur. C’est cet accord, passé sous la direction du Président Macky Sall, que Ousmane Sonko voudrait remettre en cause. On ne sait pour quelle urgence. Les concernés, de leur côté, n’ont pas l’intention de se laisser faire. Ils ont déjà saisi leurs avocats, qui ont pris connaissance du dossier. Et ils voudraient bien voir comment le Premier ministre pourrait marcher sur des textes de loi pour tenter de régler des comptes personnels. Une autre anomalie dans le traitement de cette question d’expropriation est, selon les résidents de la Cité Fayçal, que «le Premier ministre s’est approprié des prérogatives du président de la République pour des raisons personnelles». Ils font valoir que la Société de gestion du patrimoine bâti de l’Etat est rattachée à la présidence de la République, et donc, ne devrait recevoir des instructions que du chef de l’Etat, et non de la Primature, comme on l’a vu lors du point de presse du Premier ministre sur la renégociation des contrats. mgueye@lequotidien.sn

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