Exposition à Daniel Sorano : «Corps résistants» de Fall’art, une ode à l’indomptable féminité
2026-03-09 - 13:17
Le Théâtre national Daniel Sorano accueille, depuis samedi, l’exposition «Corps résistants» de l’artiste plasticien Abdourahmane Fall alias Fall’art. Entre mémoire historique et esthétique contemporaine, cette collection de 19 œuvres célèbre la résilience des femmes, puisant son souffle dans l’héroïsme des femmes de Nder pour mieux sublimer les luttes d’aujourd’hui. Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, les cimaises du Théâtre Daniel Sorano s’illuminent du talent de Abdourahmane Fall. Intitulée «Corps résistants», cette exposition présente 19 créations dont 14 œuvres figuratives et 5 abstraites, visibles jusqu’au 7 avril prochain. L’artiste y déploie une palette technique impressionnante, mêlant acrylique sur toile, gravure sur bois, collage textile, graphisme et isomorphisme. La résilience comme trait d’union Pour Aboubekr Thiam, Directeur général de l’Ecole nationale des arts et métiers de la culture (Enamc), cette production artistique dépasse la simple figuration. «La femme est magnifiée à travers un thème qui traduit sa résilience physique et spirituelle. L’artiste explore la femme à fond, à travers ses combinaisons de lignes, ses formes et ses couleurs, pour démontrer son rôle fondamental dans la société actuelle», a-t-il expliqué lors du vernissage. L’ombre portée des femmes de Nder Le commissaire de l’exposition, Yoro Sissoko, a souligné la dimension historique et symbolique de l’événement, qui coïncide avec le 206ème anniversaire du sacrifice des femmes de Nder. Le 7 mars 1820, ces héroïnes choisissaient le feu plutôt que l’asservissement. «Elles ne sont pas représentées de manière illustrative ou figée ; elles sont invoquées comme des principes actifs», précise le commissaire. En faisant de leur corps le «dernier territoire de liberté», ces femmes traversent l’œuvre de Fall’art comme une ligne de force sous-jacente. Une approche saluée par Oumy Diakhaté, Directrice générale du Théâtre Sorano : «Abdourahmane Fall ne peint pas des femmes, il restitue des présences à travers des pigments puisés dans la terre du continent.» Un engagement panafricain et universel Pour l’artiste lui-même, cette démarche est un acte de défense et d’hommage. «Dans mon travail, je défends particulièrement les femmes africaines, et à travers elles, celles du monde entier. L’idée est de magnifier et de raconter l’histoire des femmes de Nder pour que leur mémoire reste vivante», a confié Abdourahmane Fall. Diplômé de l’Enamc en 2019, Fall’art n’en est pas à son coup d’essai. Lauréat du Prix des arts visuels au Fesnac 2023, il a déjà marqué de son empreinte plusieurs rendez-vous majeurs, notamment la Biennale Off de Dakar en 2024. Avec «Corps résistants», il confirme son statut de gardien de la mémoire et de plasticien de l’âme féminine.