TheSenegalTime

Entretien Avec… Bounama Kanté, coordonnateur de la Sac-Uso : «Nous attendons du chef de l’Etat l’annonce de la date effective du démarrage des cours à l’université»

2026-02-03 - 12:38

Tambacounda retient son souffle. A l’occasion de la visite officielle du Président Bassirou Diomaye Faye à Tambacounda, les attentes sont immenses. Entre les chantiers de l’université, le défi du port sec et la relance industrielle, la région naturelle du Sénégal oriental espère des annonces fortes. Bounama Kanté, coordonnateur de la Synergie d’action citoyenne pour la construction de l’université du Sénégal oriental (Sac-Uso) et figure locale, dresse pour nous l’état des lieux et interpelle le chef de l’Etat sur une priorité absolue : la date d’ouverture effective de l’université. Vous coordonnez la Sac-Uso, et le Président va visiter le chantier de l’université. Est-ce l’occasion idéale pour lui rappeler ses engagements ? Le ministre Déthié Fall était récemment en tournée dans la région. En éclaireur, il a visité le chantier et instruit l’entreprise en charge du projet d’accélérer la cadence, car seuls huit mois nous séparent de la réception des infrastructures. Le ministre avait précisé que le Président viendrait lui-même constater l’évolution des travaux. Maintenant que cette visite est officielle, nous attendons du chef de l’Etat qu’il annonce solennellement la date du démarrage effectif des cours. Le ministre a noté un taux d’avancement de plus de 80%, et l’entrepreneur s’est engagé à livrer l’ouvrage dans les délais. La seule annonce capable de marquer les esprits et de rallier les populations est celle de l’ouverture des enseignements. Ce serait le couronnement de plusieurs années de lutte de la Sac-Uso. Au vu de l’état des travaux, un démarrage est-il réaliste pour la prochaine rentrée ? Pour l’instant, nous nous fions aux engagements de l’entrepreneur. Devant le ministre, il a promis une livraison à date échue. Sur le terrain, tous les bâtiments sont sortis de terre et sont en phase terminale ; il ne reste que les finitions. Toutefois, Déthié Fall a rappelé que les gros œuvres, bien que réalisés à 80%, ne constituent pas forcément la partie la plus complexe. L’entrepreneur en est conscient, mais pose une condition : la fluidité de l’acheminement des matériaux depuis le Port de Dakar. Si la logistique suit, les équipes pourront finaliser le travail à temps. Ce qui est visible aujourd’hui est rassurant. C’est pourquoi la visite présidentielle sera déterminante : tout doit être mis en œuvre pour ac­cueillir la première cohorte d’étudiants dès la rentrée prochaine. Hormis l’université, quels sont les autres dossiers attendus pour le développement du Sénégal oriental ? Nous attendons que le Président Diomaye Faye libère le potentiel de la région en octroyant les moyens nécessaires à son exploitation. Le Sénégal oriental regorge d’opportunités et deviendra la locomotive de la croissance nationale s’il est soutenu. Plusieurs leviers sont identifiés. D’abord, le chemin de fer : sa relance redonnera vie aux localités du tracé grâce aux activités économiques périphériques. Ensuite, le port sec de Tambacounda est une urgence. En plus de désengorger le trafic et de réduire les accidents sur le corridor, il générera de nombreux emplois. Le Président doit accélérer sa mise en œuvre. L’accès à la santé est aussi un enjeu crucial. Tambacounda, ville-carrefour, a besoin d’un hôpital de niveau 4. Actuel­lement, l’Hôpital régional absorbe les patients de cinq départements et des pays voisins (Gambie, Guinée). C’est une «sur-priorité», tout comme la modernisation des structures sanitaires départementales. Côté éducation, la pose de la première pierre de l’Isep à Salémata est une excellente initiative pour la formation des jeunes. Enfin, la Sodefitex, fleuron de la région, doit être restructurée. Revaloriser sa dimension textile permettrait de créer des emplois et de dynamiser l’économie locale et nationale.

Share this post: