Enquete – Cybercriminalité en Afrique : Coup de filet magistral d’Interpol avec l’opération «Carte rouge 2.0»
2026-02-20 - 12:57
Une vaste offensive internationale menée par Interpol, en collaboration avec seize pays africains dont le Sénégal, a permis de démanteler des réseaux d’escroquerie en ligne d’envergure mondiale. Le bilan est impressionnant : 651 suspects interpellés, plus de 4, 3 millions de dollars saisis et des infrastructures numériques malveillantes neutralisées. La riposte contre les prédateurs du numérique s’intensifie sur le continent. Entre le 8 décembre 2025 et le 30 janvier 2026, l’opération dénommée «Carte rouge 2.0» a ciblé les piliers de la cybercriminalité organisée. Pendant huit semaines, les enquêteurs ont traqué les auteurs d’escroquerie aux placements à haut rendement, de fraude aux transferts d’argent mobile et d’arnaque via des applications de prêts frauduleuses. L’opération a eu lieu en Angola, au Benin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Tchad, au Gabon, en Gambie, au Ghana, au Kenya, en Namibie, au Nigeria, au Rwanda, au Sénégal, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe. Un bilan matériel et financier colossal L’Organisation internationale de la police criminelle (Interpol) a révélé que les investigations ont mis au jour des préjudices financiers dépassant les 45 millions de dollars, pour un total de 1247 victimes identifiées à travers le monde. L’intervention coordonnée des Forces de l’ordre a permis de frapper au cœur de l’infrastructure criminelle : 651 arrestations effectuées dans 16 pays, 4, 3 millions de dollars américains récupérés, 2341 appareils technologiques saisis et 1442 adresses Ip, domaines et serveurs malveillants définitivement neutralisés. Le piège cruel des «prêts rapides» L’opération a mis en lumière un mode opératoire particulièrement cynique visant les populations les plus vulnérables. Via des applications mobiles et des messageries trompeuses, les escrocs attiraient leurs victimes avec des promesses de prêts rapides et sans garantie. Une fois le piège refermé, les victimes subissaient des frais cachés exorbitants, des pratiques de recouvrement abusives et le vol massif de leurs données personnelles et financières sensibles. «Ces réseaux cybercriminels organisés infligent des dommages financiers et psychologiques dévastateurs aux particuliers, aux entreprises et à des communautés entières par leurs fausses promesses», a déploré Neal Jetton, responsable de la Direction de la cybercriminalité d’Interpol. La force de la coopération inter-Etats Le succès de «Carte rouge 2.0» repose sur un partage de renseignements en temps réel et un renforcement des capacités techniques des polices locales, notamment en criminalistique numérique. Interpol a joué un rôle de pivot central, permettant aux services de police dont ceux du Sénégal, d’agir avec une précision chirurgicale. Neal Jetton a profité de cette annonce pour rappeler l’importance de la vigilance, et a encouragé toutes les victimes à ne pas rester dans l’ombre : «contactez les Forces de l’ordre pour obtenir de l’aide», a-t-il insisté, rappelant que la collaboration internationale est l’arme ultime contre l’anonymat des cyber-escrocs.