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Enquête sur les produits hygiéniques périmés : L’ÉTAT LAVE SOFTCARE

2026-03-06 - 13:17

Après une enquête «rigoureuse» mêlant expertises techniques et inspections de terrain, le ministre Ibrahima Sy rassure l’opinion : aucune preuve scientifique ne vient étayer l’utilisation de matières périmées dans les produits Softcare commercialisés. Retour sur les conclusions d’un dossier qui a fait trembler les foyers sénégalais. Par Justin GOMIS – La psychose entourant les couches pour bébés et serviettes hygiéniques de la marque Softcare touche à sa fin. Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi à Dakar, le ministre de la Santé et de l’action sociale, Ibrahima Sy, a apporté des «éclairages nécessaires» basés sur les conclusions d’un comité ad hoc interinstitutionnel. Le verdict est sans appel : les produits actuellement sur le marché ne présentent aucun risque pour la santé des usagers. Une enquête scientifique face à l’émotion ? Face à la polémique qui en­flammait les réseaux sociaux, les autorités ont déployé les grands moyens. Une commission composée de représentants de l’Assemblée nationale et des ministères de la Santé, de l’Industrie et du commerce a passé au crible la chaîne de production de l’usine le 7 janvier dernier. L’enjeu était de taille : vérifier si des matières premières périmées avaient réellement intégré la fabrication des produits d’hygiène. Après analyse des processus industriels et des laboratoires de contrôle, le rapport est formel : les composants utilisés (polypropylène, pâte de bois, polyacrylate de sodium) sont conformes aux standards internationaux et exempts de substances dangereuses. Le «bug» technique qui innocente l’industriel Le cœur de la controverse reposait sur la présence d’un film en polyéthylène périmé au sein de l’usine. Si le ministre reconnaît un «manquement aux bonnes pratiques de gestion des stocks», il apporte une preuve technique irréfutable de sa non-utilisation : «La différence de taille entre le film périmé (95 mm) et celui utilisé dans la production actuelle (90 mm) rend son usage techniquement impossible sur les machines», a précisé Ibrahima Sy. De plus, la traçabilité indique que la dernière sortie de stock de cette matière remonte à septembre 2024, soit bien avant la période incriminée. Des analyses indépendantes, réalisées par un laboratoire allemand, ont d’ailleurs confirmé l’absence de tout contaminant dans les produits finis. L’Agence de réglementation (Arp) pointée du doigt L’enquête a également mis en lumière des failles administratives surprenantes. Le rapport souligne des «insuffisances» dans les inspections initiales menées par l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) : absence de prélèvements d’échantillons, incohérences dans les rapports et décisions de retrait du marché sans preuves matérielles. Le ministère estime que la prudence initiale a manqué de base scientifique solide. Vers un renforcement des contrôles Si Softcare est blanchie sur le plan sanitaire, l’entreprise n’échappe pas à quelques remontrances sur sa gestion interne (étiquetage, traçabilité des stocks). Pour éviter qu’une telle crise ne se reproduise, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures fortes : accélération du décret encadrant les produits cosmétiques et d’hygiène, élaboration de normes nationales de qualité plus strictes et renforcement de la coordination entre les différents organes de contrôle. En conclusion, le ministre a réitéré sa volonté de restaurer la confiance des consommateurs : «Aucun élément scientifique ne permet d’établir l’existence d’un risque.» Les parents peuvent souffler. justin@lequotidien.sn

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