Ecole sous tension : Le G7 dénonce des ponctions «brutales» et brandit la menace d’une paralysie
2026-02-27 - 13:06
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le bras de fer est engagé. A l’issue d’une réunion du Bureau de coordination nationale, élargie aux secrétaires généraux, le G7 a acté le durcissement de son plan d’actions. Principal grief : des coupes sombres sur les bulletins de salaire qui ont mis le feu aux poudres. Mamadou Mbaye Tamba n’a pas mâché ses mots pour fustiger ces mesures budgétaires : «nous condamnons avec fermeté les ponctions opérées sur les salaires. Certains collègues ont vu plus de 200 000 F Cfa retranchés sans explication claire ni procédure transparente. C’est inacceptable», a-t-il martelé. Pour le leader syndical, ces retenues, exécutées «sans état d’âme», fragilisent des pères et mères de famille déjà éprouvés par la conjoncture. «On ne peut pas prôner l’apaisement tout en amputant les revenus des enseignants. Ce n’est ni juste ni responsable», a-t-il insisté. Des fiches de paie «amputées», un dialogue de sourds malgré quelques avancées Si le G7 reconnaît des «efforts réels» de la part de l’Etat -notamment la signature de décrets pour les agents dits «décisionnaires»-, le compte n’y est pas. Pour le collectif, l’essentiel des engagements pris reste lettre morte. Lenteurs administratives, rappels impayés, pression fiscale et déficit criant de personnel continuent de gripper la machine éducative. Face à ce qu’il qualifie de «manquements manifestes», le G7 a décidé de renouer avec la lutte sous toutes ses formes. Un préavis de grève a été déposé, articulé autour de revendications précises : affiliation des enseignants non fonctionnaires au Fnr, harmonisation des cotisations et revalorisation des pensions, paiement diligent des rappels de salaire, éradication des abris provisoires et résorption du déficit d’enseignants. L’appel à un «dialogue sincère» Adoptant un ton plus grave, Mamadou Mbaye Tamba exhorte les autorités à changer de posture avant qu’il ne soit trop tard. «Nous demandons solennellement à l’Etat de recevoir le corps enseignant pour un dialogue franc, sincère et responsable. La concertation vaut mieux que les menaces ou les mesures de représailles», prévient-il. Pour le G7, la balle est désormais dans le camp du gouvernement. Sans un geste concret et rapide, l’école sénégalaise s’apprête à traverser une zone de turbulences majeure. «Il s’agit de la dignité des enseignants et de la stabilité du système», a conclu le Secrétaire général, laissant planer l’ombre d’une paralysie totale des enseignements. latifmansaray@lequotidien.sn