#Diamniadio – Eau et assainissement : Cheikh Tidiane Dièye appelle à connecter davantage les femmes
2026-03-27 - 18:04
Alors que plus d’un quart des femmes dans le monde n’a toujours pas accès à une eau potable sécurisée, le Sénégal affiche sa volonté de placer le genre au cœur de sa stratégie hydraulique. Lors d’une cérémonie à Diamniadio, Cheikh Tidiane Dièye a souligné l’urgence de passer d’une vision de «collectrices» à celle de «décideuses». Pour le ministre, l’efficience des services d’assainissement repose désormais sur la prise en compte des besoins spécifiques des filles et des femmes pour freiner la violence et le décrochage scolaire. Par Alioune Badara NDIAYE – Mettre les femmes au cœur du dispositif sur les questions portant sur l’eau et l’assainissement pour plus d’efficience. C’est l’appel lancé par Cheikh Tidiane Dièye, Ministre de l’hydraulique et de l’assainissement (Mha), à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’eau portant sur le thème «Eau et genre». Le ministre veut en effet que les femmes soient des décideuses à part entière, pleinement impliquées dans la gouvernance, la planification, la gestion des services et la définition des solutions, conformément au message de la Journée mondiale de l’eau 2026. «Aucun progrès ne sera possible sans un soutien aux femmes et aux filles qui sont touchées par les difficultés en matière d’accès à l’eau et d’assainissement», a souligné le Mha lors de la cérémonie à Diamniadio. «Plus d’un milliard de femmes vivent dans des ménages sans accès à des services d’eau potable gérés en toute sécurité. Bien que ce chiffre ait diminué depuis 2000, il représente encore aujourd’hui 27, 1%, soit plus d’un quart des femmes dans le monde», a relevé M. Dièye, disant s’appuyer sur un rapport 2023 d’Onu-femmes. Il a fait savoir que les femmes et les filles sont les principales responsables de la collecte de l’eau ; ce qui impacte négativement leur sécurité, leur santé et leur capacité à accéder à l’éducation et à l’emploi. «380 millions de femmes et de filles, soit 9, 5% de la population féminine mondiale, vivent dans des zones soumises à un stress hydrique élevé ou critique ; chiffre qui pourrait atteindre la barre des 674 millions dans 33 pays d’ici 2050», a-t-il encore relevé, se fondant toujours sur le rapport d’Onu-femmes. Sur le plan de l’assainissement aussi, les chiffres sont révélateurs du mal-être des femmes. «Ce sont les femmes et les filles qui sont les plus exposées, surtout que la plupart des dispositifs mis en place dans les ménages, écoles, structures de santé et autres établissements recevant du public ne prennent pas en compte leurs besoins spécifiques. Cette situation augmente non seulement les risques sanitaires et sécuritaires, mais expose également au harcèlement, à la violence et au décrochage scolaire», a noté M. Dièye, parlant de la défécation à l’air libre. Ce sont, selon lui, 2 millions de personnes dont 1.8 en milieu rural, qui ont recours à la pratique, selon des chiffres de l’Ansd de 2023. Le ministre a évoqué la dynamique de transformation enclenchée et qui vise à faire de l’eau un véritable levier de justice sociale et d’autonomisation économique, plus particulièrement pour les femmes. abndiaye@lequotidien.sn