Diamniadio – Déséquilibre des ressources humaines : Bassirou Diomaye Faye invite les avocats à combler les déserts judiciaires
2026-02-18 - 12:57
A l’occasion de la pose de la première pierre de la future Ecole des avocats à Diamniadio, le Président Bassirou Diomaye Faye a dressé un constat sans concession sur la fracture territoriale de la Justice sénégalaise. Face à la concentration massive des cabinets à Dakar, le chef de l’Etat appelle le Barreau à un engagement solidaire pour combler les «déserts judiciaires» dans des régions comme Matam ou Kédougou. Entre déficit de ressources humaines et ambition de la «Vision Sénégal 2050», retour sur les enjeux d’un projet à un milliard de francs Cfa destiné à bâtir une Justice plus équitable et de proximité. Par Alioune Badara NDIAYE – Le Président Bassirou Diomaye Faye a exhorté, mardi, les membres du Barreau à travailler à une territorialisation effective dans la représentation et la défense des citoyens à travers le pays. De fortes disparités sont en effet notées entre les capitales régionales et les autres zones, posant, selon lui, un défi préoccupant. Le chef de l’Etat s’est exprimé lors de la pose de la première pierre de l’Ecole des avocats à Diamniadio. «La concentration des cabinets dans la région de Dakar et dans certaines grandes capitales régionales crée dans d’autres territoires une forme de rareté préoccupante», a-t-il relevé, indiquant que cette sous-présence dans plusieurs régions ne garantit pas pleinement les droits fondamentaux des citoyens, et en même temps engendre des inégalités concrètes dans l’accès et la représentation, et à la défense. «Les déserts judiciaires, observés notamment à Fatick, Kaffrine, Kédougou, Matam ou Sédhiou, doivent être résorbés par un engagement plus équilibré, plus solidaire de la profession. Il y va de la consolidation d’un Etat de Droit abouti. Il y va de l’accès effectif aux droits et à la justice pour tous», a-t-il ainsi appelé. «L’avocat incarne la défense, pilier essentiel de la protection des libertés et des droits fondamentaux (...) La présence effective de l’avocat dès le premier moment de la procédure renforce l’équilibre des droits et la crédibilité de l’institution judiciaire (...) Une Nation n’est véritablement forte que lorsque le plus vulnérable de ses citoyens peut se tenir debout, face au plus puissant, face à l’autorité, protégé par le Droit et défendu par la Justice», a argumenté le Président Faye. Le déséquilibre est exacerbé, selon le président de la République, par le manque de ressources humaines, qui demeure un défi, à côté de celui des infrastructures. «Notre pays compte un magistrat pour 100 mille habitants. Nous recensons 530 magistrats, 472 greffiers et 439 avocats inscrits au tableau de l’ordre», a-t-il soutenu, relevant que la «Vision Sénégal 2050» appelle à promouvoir une gouvernance fondée sur l’anticipation des crises, le dialogue et la responsabilité partagée. «Cela exige d’avoir des professionnels du Droit capables de proposer des solutions innovantes, rapides et consensuelles, tout en respectant les principes fondamentaux de l’Etat de Droit», a-t-il avisé, indiquant que la Justice moderne ne se limite plus à trancher les litiges. «Elle doit aussi prévenir les conflits, les désamorcer, les transformer en opportunité de dialogue et de progrès», a dit le Président Faye. Il a salué le projet de réalisation de l’Ecole des avocats qui entre dans cette perspective. Erigée sur un site d’un hectare, elle sera réalisée avec un budget d’un milliard de francs pour lequel l’Etat a déjà injecté 500 millions. abndiaye@lequotidien.sn