Dettes dues aux Eps : Le gouvernement soulage les universités privées
2026-03-06 - 13:17
Le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) a réaffirmé son engagement à assainir ses relations financières avec les établissements privés. Entre apurement de la dette, assurance qualité et alignement sur la Vision Sénégal 2050, la deuxième édition de la Réunion annuelle de partage d’informations, tenue ce mercredi, a tracé les contours d’un partenariat public-privé renforcé. Par Justin GOMIS – Depuis l’avènement des nouvelles autorités, l’Etat sénégalais déploie des efforts soutenus pour honorer ses engagements financiers vis-à-vis des établissements d’enseignement supérieur privés. Le Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Mesri) s’est ainsi attelé à résorber une ardoise globale estimée à 16 milliards de francs Cfa. «C’est une dette conséquente que nous avons trouvée au niveau du ministère. Grâce à la volonté politique du président de la République, du Premier ministre et du ministre Daouda Ngom, nous avons déjà épongé une partie de cette créance l’année dernière. Pas moins de 3 milliards de francs Cfa ont été versés aux établissements», a révélé le professeur Edouard Tine, directeur de l’Enseignement supérieur privé, lors de la 2e édition de la Réunion annuelle de partage d’informations entre le ministère et les acteurs du secteur. L’effort de l’Etat ne compte pas s’arrêter là. «Pour l’année en cours, 4 autres milliards de francs Cfa sont inscrits dans la Loi de finances initiale (Lfi) 2026 afin de solder définitivement cette dette», a-t-il précisé. Un pilier du système universitaire Au-delà de l’aspect comptable, ce sont la survie et la performance d’un secteur stratégique qui sont en jeu. Le professeur Massamba Diouf, Secrétaire exécutif de l’Autorité nationale d’assurance qualité (Anaq-Sup), souligne l’importance du dialogue : «Sans concertations, il ne peut y avoir de convergence, ni de transformation. Le privé n’est pas une entité à part ; il accueille 33% des 300 000 étudiants orientés dans le supérieur.» Pour l’Anaq-Sup, l’objectif est d’accompagner ces établissements pour rendre les «extraits pédagogiques» toujours plus performants. Sur ce point, le privé affiche des résultats encourageants. «Le privé est un bon élève. Le taux d’acceptation pour l’habilitation est de 73%, et celui de l’accréditation des programmes atteint 74%. Ce sont des standards reconnus par l’Etat du Sénégal», s’est réjoui le Pr Tine. Cap sur la Vision Sénégal 2050 La Réunion annuelle vise avant tout à harmoniser les procédures d’habilitation et d’accréditation. Selon le Pr Diouf, cette rencontre permet aux acteurs de challenger leurs programmes pour garantir la valeur des diplômes délivrés. L’ambition est claire : faire du Sénégal un «hub» de l’enseignement supérieur en Afrique francophone. «Nous avons des établissements qui sont notre fierté nationale et internationale. Ils sont une chance pour le pays en termes d’employabilité, d’entrepreneuriat et de formation du capital humain, conformément à la Vision Sénégal 2050», a martelé Edouard Tine. Présidant l’ouverture des travaux, le ministre Daouda Ngom a rappelé que ce sous-secteur est essentiel pour absorber la demande croissante et diversifier les filières professionnelles. «La Vision Sénégal 2050 ambitionne de bâtir une économie souveraine, juste et prospère, plaçant le secteur privé au cœur du développement», a-t-il soutenu, insistant sur la nécessité de réinventer le modèle de Partenariat public-privé (Ppp) pour adapter les formations aux besoins réels du marché de l’emploi. justin@lequotidien.sn