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Déclaration – Emprunt de 426 milliards à Abu Dhabi : Les explications de Cheikh Diba

2026-03-27 - 18:04

Après avoir tenté de lever le soupçon d’opacité sur les «Total return swaps (Trs)» à travers un communiqué de presse distillé dans les parutions du mercredi 25 mars 2026, le ministre des Finances et du budget est revenu à la charge hier, pour maintenant s’en prendre au journal britannique Financial Times, qui a révélé un emprunt complexe de 650 millions d’euros contracté par le Sénégal en 2025. Par Dialigué FAYE – La riposte communicationnelle du gouvernement continue. Après des explications techniques peu convaincantes sur les «Total return swaps (Trs)», le ministre des Finances et du budget est monté au créneau hier pour s’attaquer à Financial Times, qui a publié en début de semaine un article relatif au recours par le Sénégal à des instruments de type «Total return swaps (Trs). Face à la presse hier, Cheikh Diba a déclaré : «Le Financial Times est un journal de référence, mais il n’est pas infaillible. Sa crédibilité est réelle, construite sur une forte réputation dans la presse économique et financière, sur un code éditorial éprouvé. Mais cette crédibilité ne signifie pas tout ce qu’il publie est automatiquement vrai, exhaustif ou au-dessus de toute critique. Le simple argument d’autorité -«c’est le Financial Times, donc c’est forcément exact»- n’est pas un argument scientifique. Il faut distinguer la réputation du média, l’exactitude d’un article précis et l’usage politique qui est fait de cet article. Un grand média peut publier une information solide, partielle, discutable dans son cadrage, ou même erronée sur certains points. Le Financial Times lui-même publie des corrections, ce qui montre qu’il peut, comme toute institution médiatique, se tromper. L’erreur reconnue de 2015 sur la Banque centrale européenne ou les clarifications après contentieux financiers illustrent cette réalité. Dans une controverse comme celle de la dette du Sénégal, la crédibilité du Financial Times doit conduire à examiner l’information avec sérieux, mais elle ne constitue ni une preuve définitive ni une condamnation. Le débat politique opère un déplacement discursif en transformant une analyse financière prudente en accusation de dette cachée. La discussion rigoureuse doit donc porter non sur l’aura du média, mais sur la robustesse empirique des faits, la nature de l’opération financière et les mécanismes budgétaires réels. C’est à ce niveau que se distingue une analyse savante d’une polémique politique.» Il rappelle que «le recours à ces opérations de Trs reflète la volonté du Sénégal de contribuer à l’approfondissement du marché régional, à travers la participation d’investisseurs internationaux étrangers dans ses émissions de titres publics et en appui à l’option dans sa Stratégie de gestion de dette à moyen terme (Sdmt) de s’orienter davantage vers le financement domestique. Ces émissions ont servi à financer les besoins de l’Etat. Certains disent «éviter un défaut», mais tout paiement au titre du service de la dette revient par définition à «éviter un défaut de paiement potentiel». C’est le cas pour tout emprunteur, quelle que soit sa qualité de crédit». Selon lui, «les opérations de Trs réalisées s’inscrivent ainsi en parfaite cohérence avec ces objectifs, en répondant à des contraintes propres à ces investisseurs. Le recours à ces instruments a permis à l’Etat de se financer à des conditions nettement plus favorables que celles des marchés internationaux, tout en maîtrisant les risques et optimisant le service de la dette. En effet, si le Sénégal avait choisi de se financer sur le marché des Eurobonds, il aurait payé un taux entre 11 et 12% en moyenne sur l’année 2025, contre un taux d’environ 7% sur les financements levés dans le cadre des opérations Trs ; ce qui représente une économie de 5% sur le taux, soit environ 36 milliards de francs de gains sur le service de la dette par an. Les conditions d’emprunt sont donc plus favorables qu’un emprunt sur les marchés internationaux, comme précisé dans le communiqué diffusé. Les opérations ne présentent aucune condition contraignante, et il n’y a pas de passif caché...». dialigue@lequotidien.sn

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