Décès de Alé Lô : Le Sénégal perd l’un des piliers de sa décentralisation
2026-03-24 - 18:06
Ancien député, figure historique de la gouvernance locale et bâtisseur de la commune de Taïba Ndiaye, Alé Lô s’est éteint ce dimanche à Dakar. Homme de consensus et expert des collectivités territoriales, il laisse derrière lui un héritage politique et administratif de plus de trois décennies. La triste nouvelle a été confirmée par sa famille : Alé Lô a rendu son dernier soupir ce dimanche dans la capitale. La levée du corps a eu lieu hier à l’hôpital Principal de Dakar, marquant les adieux à celui qui fut, pendant plus de trente ans, un acteur incontournable de la vie publique sénégalaise. Plus de trente ans au service du développement local ! L’histoire de Alé Lô est intimement liée à celle de la décentralisation au Sénégal. Elu président du Conseil rural de Taïba Ndiaye dès 1990, il a su accompagner les mutations profondes du pays. En 2014, à la faveur de la réforme de l’Acte 3 de la décentralisation, il devient le premier maire de cette localité érigée en commune, poste qu’il occupera jusqu’en janvier 2022. Son expertise ne s’arrêtait pas aux frontières de sa municipalité. Fondateur de l’Association des communautés rurales du Sénégal, il a également présidé l’Union des collectivités territoriales du Sénégal. A ce titre, il a été l’un des architectes de la transition des conseils régionaux vers les conseils départementaux. Un parcours politique marqué par l’audace Militant historique du Parti socialiste (Ps), sa carrière a connu un tournant majeur lors de l’alternance de 2000. Alé Lô rejoint alors le Parti démocratique sénégalais (Pds) sous l’ère de Abdoulaye Wade, sous les couleurs duquel il siégera à l’Assemblée nationale. Ce passage d’un camp à l’autre fut d’ailleurs au cœur d’un épisode judiciaire célèbre lors des Législatives de 2001. Objet d’une «double investiture» inédite par le Ps et le Pds, son cas avait nécessité l’arbitrage du Conseil constitutionnel, illustrant l’importance politique de l’homme que les deux camps s’arrachaient. Un héritage gravé dans la pierre ! En janvier dernier, son successeur à la mairie de Taïba Ndiaye, Assane Ndiaye, saluait déjà en lui une «figure emblématique». Pour honorer sa mémoire et son dévouement, la municipalité a annoncé son intention de baptiser l’une des infrastructures majeures de la commune du nom de Alé Lô. «Alé Lô n’était pas seulement un élu ; il était la mémoire vivante de notre gouvernance locale.»