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Crise à l’Ucad : Le Sudes/Esr rejette le commissariat de police et prône le désengorgement

2026-03-02 - 13:17

Entre sécurité et pédagogie, le Sudes/Esr trace sa propre voie pour l’avenir de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad). Si le syndicat valide le projet de délocalisation de certaines filières pour désengorger le campus, il oppose un veto catégorique à l’installation d’un commissariat de police dans l’espace universitaire. Prônant une police de proximité formée au sein du Coud, l’organisation appelle à privilégier le dialogue et le respect des libertés académiques. Le Sudes/Esr s’oppose catégoriquement au projet d’installation d’un commissariat de police sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad), tout en traçant des pistes pour sauver l’institution de l’asphyxie. Pour le Sudes/Esr, l’introduction permanente de la Police nationale au cœur du campus social est une ligne rouge à ne pas franchir. Qualifiant cette mesure de «contre-productive», l’organisation syndicale alerte sur le risque de transformer l’espace universitaire en un terrain de confrontation permanente et de défiance. Plutôt que l’uniforme de la Police nationale, le syndicat exhorte le gouvernement à former les agents de sécurité du Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud), à créer une véritable «police universitaire de proximité», mieux adaptée aux codes et spécificités du milieu estudiantin. Le syndicat rappelle qu’aucune université de référence à travers le globe n’abrite de commissariat de police permanent en son sein. Désengorgement : un moratoire d’un an réclamé Sur le plan académique, le discours se veut plus conciliant. Le Sudes/Esr salue la volonté du Premier ministre de délocaliser certaines composantes de l’Ucad, une demande qui figurait déjà dans leur plateforme revendicative de mai 2025. Pour réussir cette mutation sans sacrifier la qualité pédagogique, le syndicat propose une stratégie en deux temps : le gel des orientations avec un moratoire d’un an sur l’arrivée de nouveaux étudiants dans les filières déjà saturées, et l’externalisation locative avec un recours immédiat à la location de locaux dans la région de Dakar pour accueillir les cours et les travaux dirigés, en attendant la construction de nouvelles infrastructures. Entre réformes et transparence Le syndicat insiste sur le fait que la réussite des réformes universitaires dépendra de l’implication des acteurs de terrain. Le Sudes/Esr, tout en restant ouvert au dialogue, rappelle que l’université doit rester un temple du savoir et de l’intégrité, loin des dérives sécuritaires ou des scandales financiers qui secouent actuellement la sphère politique.

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