Candidature de Macky Sall à l’Onu : Le «veto» catégorique des victimes des événements politiques
2026-03-07 - 13:18
La polémique enfle autour des ambitions onusiennes de l’ancien Président sénégalais. Lors d’une rencontre tendue, le Collectif des victimes des crises politiques de 2021-2024 a vivement rejeté le soutien supposé de l’Union africaine à Macky Sall. Entre dénonciation d’une «arnaque» orchestrée par le Burundi et annonce d’un plan d’actions à New York et Bruxelles, les opposants à cette candidature entendent faire barrage à celui qu’ils tiennent pour responsable de la «répression sanglante» sous son magistère. Par Justin GOMIS – Les avis divergent sur la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général des Nations unies. Cependant, pour les victimes des événements politiques de 2021 et 2024, la position ne souffre d’aucune ambiguïté. «Nous sommes là pour dire non à cette candidature», a martelé hier Babacar Sèye, président du Collectif des victimes, lors d’une rencontre organisée pour donner la parole à ceux dont la souffrance a été ignorée et qui réclament justice. Selon M. Sèye, cette candidature relève d’une véritable «arnaque». Il accuse le Président burundais d’avoir utilisé abusivement son statut au sein de l’Union africaine (Ua) pour projeter Macky Sall comme le candidat de l’organisation, alors qu’aucun consensus n’aurait été établi. «Le Sénégal n’a pas été consulté. C’est une forfaiture que nous dénonçons. Nous refusons cette manipulation qui présente une initiative personnelle comme une décision de l’Ua», a-t-il précisé. Présent pour soutenir le collectif, le député Guy Marius Sagna a durci le ton. Pour lui, l’organisation internationale risquerait sa propre crédibilité en accueillant l’ancien Président sénégalais : «Sur le plan éthique, nous n’accepterons pas que l’Onu soit la blanchisserie de crimes de sang et de crimes économiques.» Il a notamment rappelé le lourd bilan du magistère précédent, évoquant les personnes tuées lors des manifestations, les citoyens torturés et les nombreux réfugiés politiques. Sur l’image internationale ? «Si le monde accepte Macky Sall comme Secrétaire général, il devra assumer de voir, pour la première fois, un Secrétaire général de l’Onu convoqué par la Justice pour rendre compte de ses actes. Ce serait une honte absolue», dit-il. Un plan d’actions international Le collectif ne compte pas se limiter aux discours. Babacar Sèye a annoncé une offensive diplomatique et militante d’envergure : manifestations prévues à Dakar, mais aussi à New York et Bruxelles, lettres officielles adressées à tous les membres du Conseil de sécurité de l’Onu et au Département d’Etat américain, et dénonciation de l’ingérence du Président burundais auprès des autres Etats africains. En conclusion, les victimes ont interpellé les nouvelles autorités sénégalaises. Pour le collectif et Guy Marius Sagna, le silence actuel de l’Etat ressemble à un «deal qui ne dit pas son nom». «L’Etat du Sénégal doit définir sa position et dire non de manière cohérente. Cette candidature ne fait pas honneur au pays. C’est une question de dignité humaine», a conclu Babacar Sèye. justin@lequotidien.sn