Célébration du 8 mars : Les différentes nuances du féminicide
2026-03-09 - 13:17
Entre recrudescence des violences faites aux femmes et multiplication des rapts d’enfants, le Collège des femmes de Wagadu Jiida exprime son désarroi. A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, sa présidente, Marième Soumaré, appelle les autorités à une action urgente pour garantir la sécurité et la dignité des familles. Par Amadou MBODJI – Le Collège des femmes de Wagadu Jiida a célébré la Journée internationale de la femme sous le signe de l’inquiétude. Réunies hier au Cices, les représentantes des associations soninké du Sénégal ont dénoncé un climat social marqué par une hausse alarmante des violences de genre et du phénomène de kidnapping d’enfants. C’est l’angoisse d’une communauté. Pour Marième Soumaré, présidente de l’organisation, l’heure n’est plus seulement à la fête, mais à la protection. «Nous dénonçons fermement les violences dont les femmes sont victimes. Aujourd’hui, même notre progéniture n’est plus à l’abri de personnes malintentionnées», a-t-elle martelé. Elle a notamment cité le cas tragique d’un parent dont les deux enfants ont disparu sans laisser de trace : «La mère de ces enfants vit une angoisse existentielle insoutenable. Ne pas savoir quel sort leur a été réservé est une torture quotidienne.» Un plaidoyer pour la justice et l’équité Au-delà de l’insécurité physique, le Collège des femmes a dressé un tableau sombre des maux qui frappent la gent féminine : viols, harcèlements sexuels et mutilations génitales. Marième Soumaré lance un appel pressant aux autorités pour que les auteurs de ces actes soient systématiquement poursuivis et que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur. Enfin, la question économique n’a pas été occultée. Malgré certains acquis, la présidente a souligné la persistance de l’écart salarial : «A diplôme égal, les femmes restent souvent désavantagées. Il est temps de combler ce gap, de faciliter l’accès au financement pour nos activités économiques et de renforcer la formation des femmes.» ambodji@lequotidien.sn