Après le vote du durcissement de la loi anti-Lgbt : Début des pressions sur Dakar
2026-03-13 - 13:26
Alors que l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté hier un texte doublant les peines pour «actes contre nature», les réactions de la Communauté internationale ne se sont pas fait attendre. Entre l’indignation de Volker Türk pour l’Onu et la mise en garde de Jean-Luc Mélenchon, le Président Bassirou Diomaye Faye se retrouve désormais au cœur d’une pression diplomatique intense concernant la promulgation de cette loi. Au lendemain du vote de la nouvelle loi, les pressions internationales commencent. Déjà, l’Onu tire la sonnette d’alarme : l’adoption de cette nouvelle législation, portée par le Premier ministre Ousmane Sonko, a suscité une réaction immédiate du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme. Dans un communiqué, Volker Türk s’est dit «profondément préoccupé» par un texte qui porte la peine maximale à 10 ans de prison pour des relations homosexuelles consenties. Pour le responsable onusien, cette loi ne se contente pas de punir l’acte, mais criminalise également la «promotion, le soutien ou le financement» de la diversité sexuelle, ce qui constitue, selon lui, une violation directe des droits à la vie privée, à l’égalité et à la liberté d’expression. «Cette loi expose les personnes à des crimes de haine, à des abus, à des arrestations arbitraires et au chantage», prévient Volker Türk, rappelant que ces droits sont pourtant consacrés par la Déclaration universelle des droits de l’Homme dont le Sénégal est signataire. L’appel direct à Diomaye Faye Face à ce qu’il qualifie de «loi néfaste», le Haut-commissaire lance un appel solennel au chef de l’Etat : «J’exhorte le président de la République à ne pas promulguer cette loi, et les autorités à abroger la législation discriminatoire existante.» Un bras de fer symbolique s’engage donc entre les instances internationales et la souveraineté législative sénégalaise. Cette levée de boucliers fait suite à celle de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de La France insoumise, qui entretient des liens étroits avec les nouvelles autorités de Dakar, a dénoncé une atteinte aux libertés fondamentales. Tout en prônant un dialogue basé sur le respect et la franchise entre «amis», l’homme politique français a réitéré sa position : la condamnation de l’homosexualité dans une loi civile est «absurde». Il rappelle que la liberté individuelle doit primer, un discours qu’il avait déjà tenu publiquement à Dakar. Pour rappel, ce vote intervient dans un climat intérieur électrique. Les partisans de la loi justifient ce durcissement par une recrudescence présumée d’arrestations liées à la propagation volontaire du Vih. Désormais, les peines encourues passent de 5 à 10 ans de réclusion, sans oublier la criminalisation de la «promotion», car le soutien ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité devient un délit. Le texte attend désormais la signature du Président Bassirou Diomaye Faye pour entrer officiellement en vigueur, un acte qui sera scruté de près par les partenaires internationaux du Sénégal.